LIBREVILLE, 29 août 2008 (AFP). Les ministres africains de la Santé et de l’Environnement ont signé vendredi dans la capitale gabonaise la « Déclaration de Libreville » dans laquelle ils s’engagent à « constituer une alliance stratégique » dans ces domaines et ainsi réduire la mortalité sur le continent.
« Cette conférence restera dans les annales de l’histoire africaine (…) Au lieu d’intervenir à chaque fois comme des pompiers au niveau de la santé, il faut intervenir avant (…) et agir sur le préventif plutôt que toujours sur le curatif », a résumé la ministre gabonaise de la Santé Angelique Ngoma, qui présidait la première réunion interministérielle africaine sur le sujet cette semaine à Libreville.
« C’est la première étape pour sauver les vies de millions de personnes des effets néfastes des changements que subit l’environnement », a estimé le médecin angolais Luis Gomes Sambo, directeur régional pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
L’OMS constate que 23% des décès en Afrique, soit plus de 2,4 milions de cas, sont « imputables à des facteurs de risque liés à la détérioration de l’environnement avec des effets particuliers sur les plus pauvres et les plus vulnérables ».
La déclaration de Libreville « engage les gouvernements à prendre des mesures adéquates pour stimuler les changements nécessaires au plan stratégique et institutionnel et en matière d’investissements permettant de tirer le plus grand parti des synergies entre la santé et l’environnement d’autre secteurs concernés ».
« Une stratégie massive de prévention est en marche. On va finalement s’attaquer aux causes des maladies avec une alliance entre santé et enviromment », estime le médecin espagnol Maria Neira, directrice du département Santé publique et Environnement à l’OMS.
Il s’agit, selon le texte, de notamment « mettre à jour les politiques nationales et les cadres de coopération régionaux pour aborder de manière plus efficace les liens entre la santé et l’environnement par l’intégration de ces liens dans les politiques, le stratégies et les plans nationaux de développement (…) de mettre en oeuvre des programmes prioritaires intersectoriels en santé et environnement (…) développer les capacités pour mieux prévenir les maladies liées à l’environnement ».
La Déclaration prévoit également de « mettre en oeuvre de manière efficace les mécanismes pour la mise en vigueur des conventions internationales » déjà signées mais rarement appliquées.
La Déclaration prévoit aussi que les Etats « établissent et renforcent les systèmes de surveillance pour permettre de mesurer les impacts liés entre la santé et l’environnement et d’identifier les risques émergents ».
Une nouvelle réunion interministérielle sur le sujet aura lieu dans deux ans dans un pays restant à déterminer. Une réunion entre experts, l’OMS et les Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et pour le Dévéloppement (PNUD) devrait avoir lieu dans six semaines pour « mettre en place rapidement une feuille de route et ainsi agir rapidement (…) pour faire baisser ces 23% de décès le plus rapidement possible », a précisé Mounkaila Goumandakoye, directeur du bureau régional pour l’Afrique du PNUE.














