ACCRA, 24 août 2008 (AFP). L’Afrique, continent le plus vulnérable au changement climatique, ne bénéficie pas suffisamment d’investissements dans des projets respectueux de l’environnement, ont regretté dimanche des experts participant à une conférence de l’ONU sur le climat au Ghana.
« De nombreux négociateurs africains ont fait part de leur inquiétude sur le fait que l’actuel système n’apporte que peu de vrais bénéfices pour le continent », a déclaré à l’AFP Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC).
« Un rapide coup d’oeil au nombre de projets dans le cadre des mécanismes de développement propre (MDP) qui est appliqué en Afrique semble le confirmer », a-t-il ajouté, en marge d’une conférence de l’ONU qui se tient à Accra depuis jeudi et doit se terminer mercredi.
Les MDP permettent aux pays développés de compenser une partie de leurs émissions en investissant dans un projet « propre » au sud portant sur l’énergie, les déchets, les industries lourdes particulièrement émettrices de gaz à effet de serre ou, dans une moindre mesure la reforestation.
Ce mécanisme est prévue par le Protocole de Kyoto contre le changement climatique, conclu en 1997.
« La valeur totale des projets en Afrique financés par le Fonds pour l’environnement mondial au cours des dix-sept dernières années est de 378 millions de dollars, alors que la valeur des projets à l’échelle du monde est de plus de 2,4 milliards de dollars, ce qui reflète le manque de subventions pour le continent », a noté M. de Boer.
« Seulement 2% des projets CDM dans le monde se trouvent en Afrique, ce qui est inacceptable, contre 45% en Chine, 16% en Inde et 13% au Chili », a affirmé de son côté Ewah Otu Eleri, qui dirige le Centre international pour l’énergie, l’environnement et le développement, basé au Nigeria.
« Les règles pour accéder aux MDP sont trop rigoureuses pour les pays africains », a-t-il estimé.
Paul Watkinson de la délégation française a aussi reconnu que « les MDP bénéficient plus aux économies émergentes comme la Chine et l’Inde qu’à l’Afrique en raison de leur taux rapide de développement et des conditions stables des investissements ».














