LA TESTE-DE-BUCH (Gironde), 8 août 2008 (AFP). Quelque 200 ostréiculteurs du bassin d’Arcachon, selon la police, se sont rassemblés vendredi sur une plage de la Teste-de-Buch (Gironde) au lendemain de l’interdiction par la préfecture de la consommation de moules et d’huîtres de cette zone.
Les professionnels demandent des analyses des eaux usées rejetées dans le bassin, provenant d’une importante usine de pâte à papier, Smurfit Cellulose du pin, située sur la commune de Biganos, a-t-on appris auprès de l’un d’eux sous couvert d’anonymat.
Les ostréiculteurs se sont ensuite dirigés vers l’usine, où une délégation a été reçue par le directeur. « On nous demande des auto-contrôles et le suivi de nos huîtres alors qu’aucun contrôle n’a été fait sur les rejets de l’usine », a indiqué cette même source.
La préfecture de la Gironde a interdit jeudi la consommation des huîtres et moules du bassin d’Arcachon prélevées après le 3 août, à la suite de tests sanitaires défavorables menés par l’Ifremer.
En réaction à cette décision, le bureau de la section régionale conchylicole d’Arcachon a démissionné, ajoutant dans un communiqué qu' »en l’absence de réponse sur les causes de la mortalité des souris (sur lesquelles sont pratiqués des tests, ndlr), les ostréiculteurs décident d’entamer des procédures judiciaires pour pollution ».
Les « tests de la souris » consistent à injecter des extraits d’huîtres à des souris pour déceler la présence éventuelle dans les huîtres et les moules de micro-algues toxiques pour l’homme.
Ce test, le seul réglementaire au niveau européen, alimente l’incompréhension des ostréiculteurs d’Arcachon. En 2006, les rongeurs mouraient alors que les analyses chimiques ne montraient pas de traces de dinophysis, la micro-algue toxique la plus commune en France.














