30 juillet 2008

KINSHASA, 30 juil 2008 (AFP). Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a entamé mercredi la revue de tous les anciens titres forestiers attribués à des sociétés pour une meilleure gestion des ressources naturelles du pays, a indiqué un communiqué du ministère de l’Environnement reçu à l’AFP.

Au total, 156 titres forestiers couvrant plus de 20 millions d’hectares (soit le tiers de la surface exploitable de RDC), devront être examinés par une commission interministérielle à laquelle participent des représentants d’ONG, des communautés locales et un expert indépendant.

« Le processus de conversion des anciens titres forestiers en contrats de concessions forestières ne doit pas être perçu comme une opération visant tout simplement la convertibilité des titres forestiers », a déclaré le ministre de l’Environnement, José Endundo, à l’ouverture de ces travaux prévus jusqu’à la mi-septembre.

« Il doit être considéré au contraire comme la voie obligée de faire respecter et appliquer rigoureusement les lois et les règlements qui organisent la gouvernance forestière dans notre pays », a-t-il poursuivi.

Ces titres, obtenus entre 1980 et 2005, seront soit validés et convertis en concessions forestières, soit annulés s’ils sont jugés illégaux.

La RDC, dont la forêt constitue le deuxième poumon de la planète après l’Amazonie, exporte environ 200.000 m3 de bois, essentiellement brut, par an. Cette exploitation génère 49 millions de dollars. Mais l’Etat congolais ne perçoit que 1,8 million USD de taxes et impôts, selon le ministère de l’Environnement.

A l’issue de cette session, la RDC veut « tirer des dividendes de ses propres forêts » en s’assurant notamment « d’un meilleur recouvrement des taxes et redevances forestières », a souligné M. Endundo.

La RDC veut également « réduire d’au moins un tiers les superficies exploitées, assurer un contrôle forestier performant avec l’appui des structures autonomes internationales et assurer une profitabilité aux populations locales qui dépendent des forêts, aux entités territoriales décentralisées », a ajouté le ministre de l’Environnement.

L’organisation écologiste Greenpeace a affirmé mercredi que les grands groupes forestiers opérant en RDC ont mis en place un système d’évasion fiscale grâce à la sous-facturation du bois qu’ils exportent, « pillant ainsi la région et ses populations ».

Selon Greenpeace, ces sociétés fixent des prix de vente – vers d’autres entités du groupe – artificiellement bas, réduisant ainsi le niveau de leurs taxes à l’exportation ainsi que la taxation sur les bénéfices dans le pays d’origine du bois.

Greenpeace met directement en cause le groupe allemand Danzer, dont le siège social est en Suisse, dénonçant la façon dont il opère en RDC, via sa filiale Siforco, mais également au Congo voisin.