PAIMPOL (Côtes d’Armor), 15 juil 2008 (AFP). EDF va construire au large de la Bretagne septentrionale le premier projet pilote au monde de parc hydrolien, destiné à produire de l’électricité à partir de l’énergie contenue dans les courants des marées, a annoncé mardi le groupe.
Trois à six hydroliennes, d’une capacité de 4 à 6 MW, seront immergées et « raccordées au réseau d’électricité dès 2011 » dans un secteur « où l’intensité des courants atteint des niveaux parmi les plus élevés d’Europe », a expliqué EDF.
Cette « première mondiale » représente « l’aboutissement de plus de quatre années de concertation et d’études sur les côtes bretonnes et normandes », précise le groupe.
Le choix du site de Paimpol-Bréhat « s’est imposé au regard de critères techniques et économiques ». En outre, « l’accueil du projet (…) fait l’objet d’un fort consensus de la part des élus, des associations de protection de l’environnement et de tous les acteurs de la mer », souligne EDF.
Il a notamment été accepté par les marins-pêcheurs du quartier maritime de Paimpol, qui se sont prononcés à bulletins secrets à 87% pour ce projet qui fait l’objet d’une concertation depuis 2005. Un « partenariat » a été conclu entre EDF et le comité local au terme duquel le groupe énergétique va participer au « développement de la pêche durable » dans la région, par des actions qui vont « dans l’intérêt des principales catégories de pêcheurs » du quartier maritime, a expliqué à l’AFP le président du comité local Yannick Hemeury.
L’énergie hydrolienne, qui « n’émet pas de gaz à effet de serre et présente l’avantage d’être totalement prévisible » pourrait, « à long terme, contribuer significativement à la production d’électricité d’origine renouvelable », selon EDF. La France est bien placée avec le Royaume Uni puisque les deux pays « concentrent à eux seuls 80% du protentiel européen hydrolien, soit une production d’électricité de 10 millions de MWh par an ».
Concrètement, ces hydroliennes expérimentales seront installées à une quinzaine de km des côtes et seront arrimées sur des blocs de béton posés sur les fonds, compris dans ce secteur entre 35 et 40 mètres. De même, elles seront invisibles à la surface de l’eau.
Choisi par EDF à l’automne, le matériel sera très vraisemblablement britannique, la France n’ayant rien développé dans ce créneau.
Depuis 2002, EDF s’est impliquée, à travers sa filiale EDF energy, dans le développement de la société Marine Current Turbine (MCT) qui a engagé les projets pilotes Seaflow (prototype de 300 kw installé en 2003 au large de Bristol), puis Seagen (hydrolienne de 2×600 kw, dont l’installation est prévue en 2008 en Irlande du nord).
Après le début de la production, une évaluation sera menée pendant deux ans (2011-2013) avant de décider du développement ou non de cette filière énergétique.
Une première hydrolienne française a déjà été immergée fin mars dans l’estuaire de l’Odet, près de Bénodet (Finistère), après avoir été mise au point par le groupe de construction navale militaire DCNS.














