3 juillet 2008

MADRID, 3 juil 2008 (AFP). La révolte gronde parmi les membres du gouvernement espagnol, qui ne veulent pas être obligés de porter cravate au Parlement, alors que la canicule estivale menace et que l’heure est aux économies d’énergie sur l’air climatisé.

Jeudi, le ministre du Travail, Celestino Corbacho a enlevé publiquement sa cravate par solidarité avec son collègue de l’Industrie, Miguel Sebastian, tancé la veille à ce sujet par le président du Congrès des députés, José Bono.

Ce dernier, très formaliste, avait fait porter à M. Sebastian une cravate par un huissier, après avoir remarqué qu’il était le seul membre masculin du gouvernement à ne pas arborer cet ornement vestimentaire en séance plénière.

M. Sebastian prône les économies d’énergie en ces temps de pétrole cher et a recommandé aux employés de son ministère de moins brancher l’air conditionné et d’enlever la cravate, s’inspirant du modèle estival japonais de « cool biz ».

Il a écarté la cravate envoyée par M. Bono et lui a fait parvenir jeudi un thermomètre pour mesurer la température dans l’hémicycle, trop basse à son avis en raison d’un excès de climatisation.

M. Bono a minimisé son geste, le qualifiant « d »anecdote », mais le débat s’est engagé. Le numéro deux du Parti socialiste au pouvoir, José Blanco, a estimé jeudi que chacun pouvait allait habillé à sa guise au Parlement et qu’il ne fallait pas « uniformiser » le Conseil des ministres.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole du chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a évité jeudi de commenter cette affaire délicate.

La classe politique masculine espagnole est assez conservatrice en matière vestimentaire et porte systématiquement costume sombre et cravate. M. Zapatero est en revanche presque toujours col ouvert ou en chandail lors des meetings politiques pendant le week-end.