3 juillet 2008

PARIS, 3 juil 2008 (AFP). Greenpeace a estimé jeudi que la construction d’un deuxième réacteur de type EPR en France, annoncée par Nicolas Sarkozy, était « aberrante » et « stupide », tandis que l’association Sortir du Nucléaire a appelé à une manifestation contre ce projet à Paris le 12 juillet.

Cette décision « unilatérale » du président français « sonne en partie la mort du Grenelle de l’Environnement » et constitue une « faute lourde », a déclaré le directeur des campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot, qui rappelle que la feuille de route adoptée à l’automne dernier donnait « la priorité absolue aux économies d’énergie et au développement des renouvelables ».

« Les choses se décident en dehors de toute rationalité » alors que « le système nucléaire est en surcapacité », a encore dit M. Jadot.

Greenpeace souligne que l’EPR de Flamanville en construction était un « démonstrateur » et que « le parlement devait se prononcer après deux ans de fonctionnement (soit vers 2014) sur le lancement d’un programme EPR » de troisième génération destiné à remplacer les réacteurs actuellement en exploitation.

L’association Sortir du Nucléaire souligne également qu’à ses yeux, « le lancement du premier EPR a fait l’objet d’une tromperie », alors que ce prototype devait permettre « d’acquérir une solide expérience de construction et de l’exploitation de ces réacteurs de nouvelle génération », selon un document d’EDF.

L’opérateur public s’est dit prêt à s’engager sur le projet.

Selon l’association, EDF ne peut prétendre avoir acquis une telle expérience, alors que le chantier de Flamanville a été « marqué par de lourdes déconvenues et une suspension des travaux par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ».

L’ASN avait constaté en mai « des fissures à la suite de la coulée d’un bloc de béton composant la plate-forme de l’îlot nucléaire de l’EPR ».

Sortir du Nucléaire a choisi d’organiser une manifestation à la veille du lancement le 13 juillet à Paris de l’Union pour la Méditerranée, une rencontre internationale au cours de laquelle Nicolas Sarkozy tentera de « trouver des débouchés pour l’industrie nucléaire française », selon l’association.

« On ne fait pas rouler les voitures avec du nucléaire », rappelle de son côté M. Jadot alors que pour le président français, cette forme d’énergie non renouvelable constitue une réponse à la flamblée des prix du pétrole et du gaz.

Lors de son annonce au Creusot, M. Sarkozy indiqué que le site du nouvel EPR sera choisi en 2009 pour un début de construction en 2011.