MADRID, 2 juil 2008 (AFP). Le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a reconnu mercredi au parlement que l’économie du pays traversait de « sérieuses difficultés », mais a écarté toute idée de récession et a annoncé des mesures pour faire face à la hausse des prix de l’énergie.
M. Zapatero, s’adressant au Congrès des députés après l’accumulation récente de mauvais indices économiques, a estimé que le taux de croissance de l’économie avait été au second trimestre inférieur aux 0,3% du premier trimestre 2008 (et aux 0,8% au dernier trimestre 2007).
Selon lui, l’économie espagnole, touchée notamment par la chute du secteur immobilier, va subir au cours des prochains mois une « croissance affaiblie », mais ne va pas être confrontée à « une stagnation durable et encore moins à une récession ».
Le taux de croissance de l’économie espagnole a été de 3,8% en 2007 et devrait retomber à moins de 2% en 2008, selon les responsables gouvernementaux qui se refusent à parler de « crise », comme le fait l’opposition.
Le ministère du Travail a annoncé mercredi une forte hausse de 1,5% en juin par rapport à mai (36.849 personnes) du nombre de demandeurs d’emploi en Espagne.
M. Zapatero a proposé diverses mesures visant à réduire la consommation d’essence automobile et mettre en place des économies d’énergie, de façon à réduire la facture pétrolière espagnole.
Il a annoncé l’adoption d’ici la fin de l’année d’une nouvelle loi visant à développer « l’efficacité énergétique » du pays et promouvoir les énergies renouvelables, notamment les bio-carburants.
M. Zapatero est apparu sur la défensive lors de sa comparution au parlement, qui avait été forcée par un vote de l’ensemble des groupes parlementaires, à l’exception des socialistes pour une fois isolés.
La droite, comme les nationalistes basques et catalans ou ses anciens alliés écolo-communistes l’ont accusé d’avoir sous-estimé l’ampleur du brusque ralentissement économique qui frappe l’Espagne après une décennie dorée.
« Je reconnais que votre vision des choses s’est beaucoup améliorée depuis les élections » législatives de mars, a ironisé le chef de la droite Mariano Rajoy, accusant M. Zapatero d’avoir délibérément sous-estimé la gravité de la situation économique à des fins électorales.
M. Rajoy, qui a dépassé pour la première fois en popularité M. Zapatero depuis son arrivée au pouvoir en 2004 selon un sondage publié lundi, a accusé le gouvernement socialiste de n’avoir pris « aucune mesure correctrice sérieuse ».
« Vous n’avez annoncé aucune mesure nouvelle. Vous allez devoir préparer un plan anti-crise entre juillet et août », a renchéri le porte-parole nationaliste catalan de CiU, Josep Antoni Duran LLeida, dont les socialistes auront besoin pour faire approuver leur projet de loi de finances 2009 à l’automne.
M. Zapatero a soutenu qu’il ne fallait « pas dramatiser » la situation et que l’Espagne avait « des marges pour affronter les difficultés », notamment le fond de réserve des retraites qui va atteindre cette année 56 milliards d’euros.














