MILAN (Italie), 1 juil 2008 (AFP). Le numéro un mondial des pâtes alimentaires, le groupe italien Barilla, a jugé mardi que le choix des Etats-Unis et de l’Union européenne de développer les biocarburants était une décision « folle » qui a un impact important sur le cours des céréales.
« La décision de la Commission européenne et des Etats-Unis de produire du biocarburant à base de céréales est folle », a dit son président Guido Barilla lors de la conférence de presse portant sur les résultats annuels du groupe.
« Pour produire 1 litre de biocarburant pour une voiture, il faut utiliser 4 kilos de produits alimentaires et une énorme quantité d’eau », a-t-il souligné.
« L’alimentation dans le monde sera un problème aigu dans un futur proche », a ajouté M. Barilla.
Pour le patron du groupe italien, la hausse de la consommation des céréales dans les pays asiatiques, le recours aux biocarburants et de façon plus mesurée la spéculation expliquent la flambée des prix des céréales.
Le président de Barilla a souligné que les gouvernements européens devaient se doter de compétences nécessaires pour informer la Commission européenne sur leurs choix en termes de politique agricole.
Le groupe s’est par ailleurs défendu « d’affamer » les Italiens en augmentant les prix des pâtes régulièrement depuis 2007. L’inflation a ainsi atteint 3,8% en mai en Italie, le prix des pâtes ayant cru de 22% sur un an.
Barilla a relevé le prix de ses pâtes de 40% environ depuis début 2007 face à une hausse des matières premières de 300%. Selon M. Barilla, cette hausse du prix des pâtes « n’influence que relativement le budget des Italiens ».
« Cela signifie d’un kilo de pâtes a augmenté de 40 à 50 centimes », a dit le directeur général de Barilla, Robert Singer.
« Ces hausses interviennent après 13 ans de déflation des prix des pâtes », a souligné M. Barilla.
Le rôle des biocarburants dans la flambée des prix agricoles est très controversé. Les Etats-Unis et le Brésil, principaux producteurs d’éthanol, réfutent tout lien entre le développement des cultures et les hausses de prix.
L’UE a de son côté fixé comme objectif aux pays membres de porter à 10% la part de biocarburants dans les transports d’ici 2020.














