KANO, 17 juin 2008 (AFP). Agriculteurs et agronomes du nord du Nigeria redoutent que le retard des pluies cette année n’aggrave la pénurie alimentaire dans leur région, ont-ils dit mardi à l’AFP.
« Nous sommes préoccupés par le retard de l’arrivée des pluies », a déclaré Sabo Nanono, à la tête du groupement d’agriculteurs All Farmers Association of Nigeria (AFAN).
Des pluies abondantes auraient dû arriver normalement en mai ou début juin, mais la région n’a reçu jusqu’alors que de faibles précipitations très localisées, a-t-il expliqué.
La saison des pluies dure en principe jusqu’en août dans le nord du pays.
« Si la saison des pluies de cette année ne se prolonge pas au-delà de septembre, nous aurons probablement une répétition de la faible moisson de l’an dernier », a déclaré M. Nanono.
Dans le nord du pays, la saison des pluies est passée de 150 à 120 jours au cours des trente dernières années, selon un rapport de l’Agence météorologique nationale du Nigeria (NIMET) publié en mars.
L’an dernier, il y a plu moins de deux mois. Les récoltes ont été faibles, d’autant qu’elles ont subi une invasion de sauterelles, et les prix ont monté.
Pour Hakeem Ajeigbe, agronome de l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale (IITA) à Kano, il est trop tôt pour juger si les moissons seraient bonnes ou mauvaises. « Selon notre expérience, quand la saison des pluies commence en retard, elle dure jusqu’en septembre », a-t-il souligné.
Les fermiers de la région, moins optimistes, ont commencé à dire des prières dans les mosquées pour l’arrivée de la pluie.
Environ 70% des agriculteurs de la région comptent pour leur subsistance sur des cultures locales qui arrivent à maturité en trois ou quatre mois et exigent de l’eau pendant toute cette période.
M. Ajeigbe a imputé le retard des pluies au réchauffement climatique mondial et a recommandé de cultiver des variétés plus hâtives.
Pour M. Nanono, la solution repose sur une irrigation à grande échelle. Mais les fermiers se plaignent de ne pas disposer des fonds nécessaires, et souhaitent un accès au mocro-crédit.














