12 juin 2008

BONN (Allemagne), 12 juin 2008 (AFP). Le patron de la lutte contre le changement climatique à l’ONU, Yvo de Boer, a pressé jeudi les Etats d’afficher « clairement » leurs vues sur le contenu du futur accord qui devra être bouclé à Copenhague, en décembre 2009, pour garantir la survie du Protocole de Kyoto.

Pour la première fois, « j’ai le sentiment qu’on est entré dans de vraies négociations. Jusqu’ici les débats étaient restés très génériques: maintenant je demande que chacun identifie précisément ce qu’il veut et comment ça pourra fonctionner », a-t-il déclaré à la presse.

Les Etats parties à la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC, UNFCCC en anglais) achèvent vendredi à Bonn deux semaines de négociations sur les suites à donner au Protocole de Kyoto au-delà de 2012, date d’expiration des premiers engagements.

Conformément à la « feuille de route de Bali », adoptée en décembre dernier sur l’île indonésienne, pays industrialisés et pays en développement doivent s’accorder d’ici décembre 2009 sur de nouveaux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et sur les moyens d’y parvenir.

« Politiquement, si Copenhague échoue, nous allons vraiment avoir de gros ennuis et les gens vont commencer à s’interroger sur l’utilité de ce processus », a-t-il prévenu.

Les débats de Bonn se sont concentrés sur le nerf de la guerre: le financement de la lutte contre le réchauffement dans le futur accord. Des sommes considérables doivent être mobilisées pour orienter les économies vers une moindre consommation d’énergie et surtout une moindre dépendance aux fossiles (pétrole, gaz, charbon), notamment par le biais de transferts de technologies propres, mais aussi pour l’adaptation des pays les plus vulnérables – souvent les plus pauvres – aux dérèglements climatiques et à leurs conséquences.

« L’architecture financière sera essentielle, c’est l’ingrédient décisif qui permettra l’engagement des pays en développement. Or sans eux, je ne crois pas qu’un accord puisse être ratifié par le plus grand nombre », a rappelé M. de Boer.