2 juin 2008

WASHINGTON, 2 juin 2008 (AFP). Le Congrès américain entame lundi l’examen d’une loi destinée à combattre le réchauffement climatique, qui fait l’objet d’un consensus parmi républicains et démocrates et a le soutien de scientifiques et d’économistes, mais à laquelle le président Bush est opposé.

Ce projet de loi, baptisé Lieberman-Warner du nom de ses auteurs, les sénateurs indépendant Joe Lieberman et républicain John Warner, propose la mise en place d’un système accordant aux entreprises des droits à polluer, dont le total serait limité par rapport à l’ensemble des émissions actuelles.

La semaine dernière, un groupe de scientifiques, l’Union of concerned scientists (UCS) a apporté son soutien à cette initiative, la jugeant « plus complète et exhaustive que toutes les politiques climatiques déjà mises en oeuvre ». Dans un communiqué signé par 1.700 personnes, dont plusieurs prix Nobel en sciences et en économie, l’UCS estime que « plus on attend, plus il sera difficile et coûteux de limiter le changement climatique ».

Mais le président George W. Bush s’oppose à cette loi, préférant la mise en place d’objectifs de limitation d’émissions polluantes sur la base du volontariat des entreprises.

Cette loi « imposerait environ six mille milliards de dollars de coûts supplémentaires à l’économie américaine », a-t-il déclaré lundi, tout en s’abstenant de menacer cette loi du veto présidentiel.

« Nous allons travailler avec le Congrès, mais l’idée d’une loi entraînant d’énormes dépenses alimentées par des hausses d’impôts n’est pas la bonne manière de procéder », a-t-il dit.

« Il y a une bien meilleure manière de s’occuper de l’environnement qu’en imposant ces coûts aux créateurs d’emplois, ce qui en fin de compte sera suppoerté par les consommateurs américains », a-t-il mis en garde.

Barbara Boxer, présidente démocrate de la commission du Sénat sur l’environnement, avait au contraire insisté sur les bienfaits d’une telle loi pour l’économie.

« Les sénateurs se sont retrouvés par-delà les divisions partisanes pour créer une loi qui, non seulement, nous permettra d’éviter les ravages d’un réchauffement climatique incontrôlé, mais créera aussi des millions d’emplois nouveaux et nous mettra sur la voie de l’indépendance énergétique », a-t-elle fait valoir.