PARIS, 30 mai 2008 (AFP). Le président de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a jugé inéluctable le développement du transport individuel dans les prochaines décennies, mais souligné que l’automobile allait devoir s’adapter au pétrole cher et à l’environnement par des « ruptures technologiques ».
« Dans les pays émergents, la première chose » que les consommateurs « veulent acheter dès qu’ils accèdent à un certain niveau de pouvoir d’achat, c’est la voiture », a observé M. Ghosn, lors d’une intervention à l’Automobile Club de France sur « le transport individuel en 2050 ».
Pour le patron de Renault-Nissan, « l’envie d’avoir un espace de mobilité, d’autonomie, de plaisir, sera toujours là » et « cette tendance va continuer ».
Le développement du marché automobile va « essentiellement être dans les pays émergents », notamment la Chine qui « deviendra le principal marché automobile du monde » et l’Inde qui sera « équivalent au marché américain », a-t-il estimé.
Le nombre d’automobiles dans le monde va être multiplié par cinq d’ici 2050, passant de 600 millions à 2,9 milliards, selon une étude du Fonds monétaire international, citée par M. Ghosn, dont « plus de 2 milliards » dans les pays émergents.
Deux facteurs vont entraîner des « ruptures technologiques »: « le fait que plus personne ne pense qu’on reviendra à une situation d’énergie pas chère » et « la prise de consience en matière d’environnement » des émissions de CO2.
Ces deux conditions imposent l’arrivée de véhicules à « zéro émission » de CO2 comme les voitures électriques et la technologie de la pile à combustible (qui utilise de l’hydrogène). Les premières sont à échéance de deux à trois ans tandis que la pile à combustible est à « horizon de dix ans », selon M. Ghosn.
Dans ce contexte, il a estimé que « le politique traite l’industrie automobile de manière sélective par rapport aux autres émetteurs de C02 » avec des réglementations, alors que « des pans entiers d’activité fortement émetteurs de C02 n’ont aucune régulation ».
Carlos Ghosn juge encore que les ruptures dans le secteur automobile « vont amener leur lot de consolidations », avec « la disparition de constructeurs établis » et l’arrivée de « nouveaux constructeurs assis sur leurs marchés internes » en Chine et en Inde.














