29 mai 2008

ATHENES, 29 mai 2008 (AFP). Les experts de plusieurs agences de l’ONU ont souligné jeudi à Athènes leur crainte de voir les changements climatiques entraîner une accélération des migrations dans le monde, qui pourraient concerner jusqu’à 200 millions de personnes en 2050.

« Le Haut commissariat pour les réfugiés estime que 24 millions de personnes dans le monde ont déjà émigré en raison de facteurs environnementaux », a déclaré la ministre grecque des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, ouvrant une conférence internationale consacrée aux changements climatiques.

Le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Michel Jarraud, a affirmé que « la dégradation qualitative et quantitative » en matière d’eau potable allait créer « de nouvelles tensions », avec un déclin de l’agriculture dans les régions touchées et une poussée des migrations.

Le directeur adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM), John Powell a précisé que 2 milliards de personnes vivaient actuellement dans des zones arides et 90% dans des pays en voie de développement où « les agriculteurs essayent de nourrir leur famille au jour le jour ».

Le directeur de l’Institut pour l’environnement et la sécurité humaine de l’ONU Janos Bogardi a indiqué que les migrations pourraient atteindre 50 millions de personnes en 2010, 200 millions en 2050 et plus de 700 millions par la suite.

« La désertification et la hausse du niveau de la mer vont provoquer des déplacements », a-t-il affirmé. En Egypte, la désertification concernerait 16 millions de personnes. Au Vietnam, la hausse du niveau de la mer entraînerait le recouvrement des cultures et une perte de 30% du PIB, a-t-il dit.

Il faut agir notamment « pour dépénaliser les mouvements migratoires ». « La migration est traitée du point de vue du Nord, on doit changer et se mettre à la place des gens du Sud », a-t-il lancé.