RIO DE JANEIRO, 29 mai 2008 (AFP). Le gouvernement brésilien prépare des mesures pour freiner l’achat de terres par des entreprises étrangères, notamment en Amazonie, a indiqué jeudi le journal Folha de Sao Paulo.
Cette série de mesures sera valable pour tout le Brésil, et particulièrement pour l’Amazonie, où se trouvent 55% des propriétés du pays enregistrées au nom d’étrangers. Selon Folha, 3,1 millions d’hectares sur un total de 5,5 millions sont enregistrés à l’Institut national de la réforme agraire (Incra) comme appartenant à des personnes physiques ou juridiques étrangères.
La présence étrangère pourrait être encore plus importante, puisque les propriétaires ne sont pas tenus d’indiquer leur nationalité au moment de l’enregistrement de leurs terres auprès de l’Incra.
« Il faut établir rapidement des règles, parce que tout le monde se dispute les terres brésiliennes », a déclaré Rolf Hackbart, président de l’Incra à Folha.
« Il ne s’agit pas de xénophobie, mais de souveraineté nationale. Un pays de la taille du Brésil a besoin de savoir exactement à qui appartient son territoire », affirmait-il déjà à l’AFP l’an dernier.
Selon M. Hackbard, la stabilité économique du Brésil et l’engouement mondial pour les biocarburants entraînent ce regain d’interêt étranger pour les terres brésiliennes.
« Les entreprises étrangères s’associent à des compagnies brésiliennes et achètent de grandes propriétés, sans qu’il soit possible d’imposer des restrictions » légales à ce phénomène, a déploré Ronaldo Jorge, un représentant du Parquet fédéral brésilien (AGU).
Pour l’avocat général José Antonio Dias Toffoli, la question des terres « est de plus en plus cruciale », dans un contexte de hausse mondiale des prix des aliments qui entraîne une demande accrue de terres cultivables.
« Un arsenal juridique est donc essentiel pour réguler l’acquisition de terres et garantir la souveraineté du pays. Presque tous les pays occidentaux ont établi des règles restrictives de ce genre », a affirmé mercredi M. Toffoli.














