29 mai 2008

BONN (Allemagne), 29 mai 2008 (AFP). L’érosion de la diversité de la vie animale et végétale représente un coût évalué entre 1.350 et 3.100 milliards d’euros par an au monde, selon une étude présentée jeudi à la conférence de l’ONU sur la biodiversité à Bonn.

L’étude, lancée par l’Union européenne et le ministère allemand de l’Environnement, constitue une des premières évaluations majeures de l’impact économique de la perte de la biodiversité dans le monde, à l’instar du rapport de Sir Nicholas Stern sur le coût du changement climatique.

« Nous essayons de naviguer sur des eaux agitées et sans carte avec un vieux compas défectueux », a commenté le principal auteur de l’étude, Pavan Sukhdev, un haut responsable de la Deutsche Bank en Inde.

Intitulée « The Economics of Ecosystems and Biodiversity » (« L’économie des systèmes écologiques et de la biodiversité »), cette étude donne une valeur monétaire à des facteurs environnementaux tels que l’eau, la protection contre les inondations, les médecines naturelles et les puits de carbone que sont les forêts.

« Alors que notre bien-être est totalement dépendant des services rendus par ces écosystèmes, ils sont considérés comme des biens publics sans marché et sans prix », souligne le rapport.

Certains écosystèmes sont probablement déjà dégradés au delà de toute possibilité de restauration, conclut Sukhdev. Et d’ici 2050, si rien n’est fait:

— 11% des espaces naturels restant en 2000 pourraient avoir disparu, transformés pour l’agriculture ou par le dérèglement climatique;

— 40% des terres actuellement cultivés de façon traditionnelle pourraient devenir des exploitations intensives;

— 60% des récifs de coraux pourraient avoir disparu, affectant directement le mode de vie de milliards de gens.

Comme pour le changement climatique, les conséquences de l’érosion de la biodiversité devraient toucher principalement les populations les plus pauvres, selon le rapport.

La valeur réelle de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes doit être intégrée dans les décisions politiques, souligne-t-il.

Environ 150 espèces de flore et de faune sauvage disparaissent chaque jour, un rythme qui est de 100 à 1.000 fois supérieur à la disparition naturelle des espèces, selon les scientifiques.

Le Fonds mondial pour la nature WWF s’est réjoui dans un communiqué que la biodiversité soit ainsi reconnue comme un enjeu global à l’instar du climat dans le rapport Stern.