29 mai 2008

PARIS, 28 mai 2008 (AFP). L’agriculture est un « levier incontournable » mais « pas suffisant pour enrayer la faim », souligne jeudi Action contre la Faim, avant le sommet de l’alimentation qui se réunira à Rome du 3 au 5 juin.

A la veille de ce sommet, ACF, dans un communiqué, « invite l’ensemble des acteurs à considérer la lutte contre la faim dans sa globalité », soulignant que « les causes de la faim et de la malnutrition sont nombreuses » et que « les initiatives en faveur du développement des agricultures locales ne représentent qu’une réponse partielle à la crise ».

L’ONG rappelle que « l’urgence aujourd’hui est aussi de sauver des vies », donnant l’exemple de Monrovia au Liberia où ACF a relevé « des taux de malnutrition aiguë alarmants chez les enfants de moins de 5 ans » ou les provinces afghanes de Day Kundi et Ghor (centre), où les prix des denrées ont augmenté en moyenne de 85% et où les stocks de nourriture sont « presque vides ».

« La lutte contre la faim recoupe de multiples aspects : la production agricole mais aussi la relance de l’économie, l’accès à l’eau et à l’assainissement, la mise en place d’infrastructures de santé, ou encore la réduction de la pauvreté endémique », souligne l’organisation humanitaire.

ACF, qui organise vendredi après-midi un point de presse avec des témoignages de ses chefs de mission au Liberia, en Afghanistan, et au Burkina Faso, milite pour la création d’un Fonds mondial consacré à la lutte contre la faim et la malnutrition regroupant les moyens et les expertises au sein d’une même entité.

De nombreux chefs d’Etat et de gouvernement doivent participer à la conférence de Rome organisée par l’agence des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation sur le problème de l’envolée des prix, les enjeux du changement climatique, des biocarburants et de la sécurité alimentaire.

Selon la FAO, le nombre de personnes qui souffrent de la faim dans le monde était estimé, en 2002-2004, à 862 millions, dont 830 millions dans les pays en développement.