LONDRES, 27 mai 2008 (AFP). L’organisation de protection de l’environnement Cool Earth, dont le siège est à Londres, s’est dite « abasourdie » mardi après des informations de la presse brésilienne concernant l’ouverture d’une enquête sur ses activités en Amazonie.
« Nous sommes abasourdis parce que nous ne possédons aucune terre en Amazonie, nous finançons différents projets au travers de partenaires », a expliqué à l’AFP Matthew Owen, directeur de Cool Earth.
Cool Earth n’a reçu « aucune notification » d’enquête au Brésil, a-t-il dit.
Le journal O Globo a écrit lundi que les services brésiliens de renseignement avaient ouvert une enquête sur l’un des fondateurs de Cool Earth, le milliardaire Johan Eliasch -détenteur de la double nationalité britannique et suédoise- qui aurait mis à prix l’Amazonie pour 50 milliards de dollars.
« M. Eliasch a suggéré en 2006 et en 2007 à des hommes d’affaires d’acheter des parcelles de terre en Amazonie, affirmant qu’il faudrait ‘seulement’ 50 milliards de dollars pour acquérir toute la forêt amazonienne », selon le quotidien brésilien, citant l’Agence brésilienne de renseignement (Abin).
Le nouveau ministre brésilien de l’Environnement, Carlos Minc, « choqué » par la nouvelle, avait affirmé qu’il ordonnerait l’ouverture d’une enquête dès qu’il prendrait ses fonctions mardi.
« Nous sommes au courant que cela a été annoncé dans la presse mais nous ne disposons d’aucune information », a souligné M. Owen. « La propriété de l’Amazonie est un sujet hautement politisé et, à juste titre, le gouvernement veut savoir ce que tous les intervenants y font », a-t-il analysé.
« Nous parvenons à acheminer des fonds substantiels en faveur de la protection de la forêt amazonienne mais il n’y a aucune preuve d’aucune sorte que nous avons enfreint la réglementation », a relevé M. Owen.
Un proche de Johan Eliasch, propriétaire du groupe sportif Head et conseiller pour l’environnement du Premier ministre britannique Gordon Brown, a jugé que les autorités brésiliennes cherchaient à « stimuler un élan nationaliste pour des raisons politiques » et que la presse brésilienne avait publié des informations « incorrectes » sur Cool Earth.
Parmi les partenaires de Cool Earth, a expliqué M. Owen, figure notamment l’association Fauna and Flora qui, elle, est propriétaire de terres « mais elles ont été acquises avant que nous ne leur apportions des fonds pour aider à les protéger ». Cool Earth « n’est propriétaire d’aucune terre en Amazonie », a-t-il martelé.
Selon lui, quelque 32.000 hectares bénéficient actuellement de financements provenant de Cool Earth qui devrait également intervenir prochainement au Pérou. Certaines parcelles ont été achetées par les populations locales au Brésil et en Equateur à des propriétaires privés grâce à des fonds versés par l’organisation.
Le proche de M. Eliasch affirme que l’Amazonie serait détenue à 70% par le gouvernement fédéral, à 20% par des tribus indigènes et à 5 à 10% à titre privé.
Au cours d’un colloque des Lloyd’s en 2006, a rappelé cette source, le milliardaire avait souligné le lien entre la déforestation en Amazonie et les ouragans dans le Golfe du Mexique qui avaient atteint un record en 2005 et coûté 75 milliards de dollars aux assureurs. Il avait estimé que l’achat de l’Amazonie pour la préserver coûterait 25 milliards de dollars.














