MARIBOR (slovénie), 26 mai 2008 (AFP). Plusieurs ministres européens de l’Agriculture ont accueilli avec réserve lundi une proposition de Bruxelles visant à reverser les subventions agricoles non utilisées de l’Union européenne aux pays pauvres confrontés à la crise alimentaire mondiale.
« Je suis favorable à l’idée d’aider les pays en développement à construire une capacité de production agricole, mais je ne suis pas sûr que le meilleur moyen de le faire soit en prenant l’argent des dépenses agricoles » européennes, a indiqué à l’AFP le ministre slovène de l’Agriculture, Iztok Jarc, dont le pays préside l’UE.
Il s’exprimait en marge d’une réunion avec ses collègues européens à Maribor, en Slovénie.
« On ne peut pas nourrir la planète avec la Politique agricole commune (PAC) », a également jugé devant les journalistes le ministre autrichien, Josef Pröll.
Sa collègue néerlandaise, Gerda Verburg, a estimé pour sa part qu’il s’agissait « d’une idée sympathique mais qui, j’en ai peur, ne marche pas » sur le long terme. A ses yeux, plus que des aides financières de court terme, seuls des investissements de fond pour aider les pays pauvres à reconstruire leur capacité agricole et améliorer leur productivité, leur permettront de résoudre leurs problèmes alimentaires.
La Commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, vient de proposer d’utiliser les fonds non dépensés de la PAC pour financer l’achat par les pays pauvres de semences ou d’engrais, ou pour aider à la mise en place de systèmes de micro-crédits.
Du fait de la hausse des prix des produits agricoles dans le monde, l’UE a moins besoin de subventionner ses exploitants, pour garantir des tarifs minimum ou les aider à exporter par exemple, ce qui dégage des surplus budgétaires par rapport à ce qui avait été programmé.














