20 mai 2008

PARIS, 20 mai 2008 (AFP). Une trentaine de députés avaient signé mardi un projet de loi visant à limiter la pollution lumineuse, qui trouble la contemplation des cieux par les astronomes amateurs, perturbe la faune et se traduit par une consommation excessive d’électricité.

Doté d’un article unique, ce texte vise à « limiter l’émission de sources lumineuses sans nécessité »: projecteurs pour éclairer a giorno les monuments et parfois des sites naturels, lampadaires surpuissants sur les trottoirs…

Un premier pas, encore insuffisant juge Paul Blu, président de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN), près d’Angers, qui réclame des réductions contraignantes de puissance et des coupures nocturnes.

« La mise en lumière est un effet de mode, les maires qui ont trois vieilles pierres braquent un projecteur dessus mais à 3h00 du matin, il n’y a personne pour les voir », explique-t-il à l’AFP en implorant les élus de se « montrer responsables ».

Non seulement l’ANPCEN plaide pour les insectes qui viennent s’écraser sur les projecteurs en été, pour les vers luisants qui ne trouvent plus leur femelle ou les coqs qui chantent en pleine nuit. Mais, remarque son président, à l’heure du protocole de Kyoto, la production d’un kilowatt d’électricité provoque l’émission de 110 g de CO2 (selon l’Ademe).

« On ne dit pas aux maires d’éteindre les rues, mais de réduire l’intensité de l’éclairage », alors qu’il a doublé en dix ans: les ampoules sont utilisées en nombre égal alors que leur intensité est passée de 60 à 70 lumens/watt à 120 lumens/watt, poursuit-il.

En 2005, la député UMP, aujourd’hui secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet avait déposé un texte similaire.

« A l’époque ses camarades ne s’étaient pas beaucoup mobilisés, mais depuis le Grenelle de l’environnement a accru la sensibilité des élus », espère M. Blu.

Le projet de loi Grenelle évoque d’ailleurs, sans s’y arrêter, « des mesures de prévention, de suppression ou de limitation » des émissions de lumière artificielle « de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entrainant un gaspillage énergétique ».