PARIS, 14 mai 2008 (AFP). La dernière née des agences sanitaires françaises, l’Agence de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), pourrait faire les frais de la révision des politiques publiques décidée par le gouvernement, selon sa directrice Michèle Froment-Védrine.
Comme tous les responsables des agences sanitaires, Mme Froment-Védrine, dont le mandat à la tête de l’Afsset s’achève le 16 mai, a été soumise à un audit pour la mise au point de la révision générale des politiques publiques (RGPP).
« Comme les autres, j’ai été interrogée sur la base du rapport de Jean-François Girard », a indiqué à l’AFP Mme Froment-Védrine. « Donc a priori on veut l’appliquer », ajoute-t-elle, même si elle dit ignorer à ce jour ce que contiendra la RGPP.
A la suite de plusieurs crises sanitaires, un rapport avait été demandé à l’ancien directeur général de la santé sur le dispositif de veille sanitaire, et remis en octobre 2006 au ministre de la santé d’alors Xavier Bertrand.
Ce rapport suggère la « remise à plat du système », avec la création de trois organismes : « un institut de surveillance du vivant, une agence de sécurité sanitaire des produits consommés par les êtres vivants et une agence des milieux », en lieu et place des sept structures nationales actuelles : trois agences, dont l’Afssa et l’Afsset, et quatre instituts.
Mercredi, dans une interview au Quotidien du médecin, Mme Froment-Védrine affirme que la RGPP a choisi de « démanteler » l’Afsset, qui devrait être « avalée » par l’Afssa (Agence de sécurité sanitaire des aliments). Elle critique à cet égard une réforme « adoptée sous la pression de quelques financiers qui bradent la sécurité environnementale en France ».
« Comme on nous a interrogés strictement sur ce rapport, il est évident qu’une des options les plus importantes est son application », et donc notamment la suppression de l’Afsset, fait valoir Mme Froment-Védrine. Elle note que « l’agence des milieux » qui serait créée n’inclurait « ni les produits chimiques ni la question du travail ».
Lors du Conseil de modernisation des politiques publiques du 4 avril, il avait été annoncé que « les agences sanitaires nationales seront regroupées afin de simplifier les conditions de leur pilotage par l’État, de renforcer leurs capacités d’expertise interne, de réduire les risques de redondance entre elles et de rendre plus lisible l’ensemble du dispositif ».
A la fin de son mandat, vendredi, Mme Froment-Védrine doit rejoindre la Cour des comptes.














