BERLIN, 8 mai 2008 (AFP). Le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel, a fustigé jeudi, à dix jours d’une conférence de l’ONU en Allemagne, « seize ans d’échec » des efforts entrepris dans le cadre des Nations unies pour sauvegarder la biodiversité menacée.
La 9ème Conférence des signataires de la Convention sur la diversité biologique (CBD) se réunit à Bonn (ouest de l’Allemagne) du 19 au 30 mai. La convention avait été adoptée en 1992 à Rio de Janeiro.
« La conférence a échoué depuis seize ans », a lancé le ministre social-démocrate (SPD) devant le Bundestag, soulignant que cent à mille fois plus d’espèces d’animaux ou de plantes disparaissent chaque année qu’avant le début de l’ère industrielle.
M. Gabriel a exprimé la volonté de l’Allemagne de renverser cette spirale d’échec, grâce à une meilleure prise en compte des intérêts des pays en développement, mais n’a pas exclu que la réunion de Bonn n’aboutisse pas.
Il a soutenu la demande du Brésil et d’autre pays émergents ou en développement pour un partage équitable dans l’exploitation des ressources naturelles. Un accord contraignant à cet égard doit être conclu d’ici 2010, a-t-il préconisé, en remarquant que « si l’on veut protéger les régions tropicales, on doit être aussi disposé à mettre de l’argent sur la table ».
Il a demandé aux autres nations industrielles comme les Etats-Unis et le Japon de consentir des engagements supplémentaires.
Si la disparition des espèces se poursuit au rythme actuel, a-t-il dit, les conséquences économiques seront profondes. « Quand nous parlons de la biodiversité, nous parlons du mode d’emploi de la terre, et nous en arrachons chaque jour une page ». Mais les pages arrachées, a-t-il ajouté, pourraient être celles dont les hommes auront plus tard besoin.
Ainsi, un arrêt de l’exploitation commerciale des ressources de poissons dès 2050 en raison de la surpêche actuelle n’est pas exclu, a-t-il remarqué.
Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70% des plantes sont menacés de disparition, selon une liste rouge publiée par l’Union mondiale pour la nature (UICN) le 12 septembre dernier.














