6 mai 2008

BRDO PRI KRANJU (Slovénie), 6 mai 2008 (AFP). Les gouvernements européens ont émis mardi des réserves sur un projet d’imposer aux poids lourds des frais de péages liés à la pollution, aux embouteillages et aux nuisances sonores.

La Commission européenne doit dévoiler le 17 juin une méthode mathématique pour calculer de tels prélèvements inédits, mais elle avait souhaité auparavant effectuer un premier tour de table des gouvernements européens au cours d’une réunion informelle de ministres des Transports en Slovénie.

« Le débat à montré qu’il n’y a pas de refus absolu », a commenté le commissaire européens aux Transports Jacques Barrot, à l’issue d’un débat animé.

Des pays périphériques de l’Europe, en tout premier lieu l’Espagne qui craint que ses transporteurs ne soient lésés, ont souligné qu’il « ne faut pas que la compétitivité de l’Europe souffre », a admis M. Barrot.

Le projet de loi, qui avait été bloqué il y a deux ans, consiste à pousser les entreprises de transport à investir dans des camions moins polluants, mais aussi à donner un coup de pouce au rail ou aux voies navigables pour les longues distances.

Les montants prélevés auprès des poids lourds seraient obligatoirement réinvestis dans des projets de transport jugés « durables ». Ils pourraient aussi servir à payer des frais médicaux, ou encore des dommages aux cultures agricoles et aux écosystèmes.

« L’affectation des sommes prélevées va poser problème, les gouvernements exigeront la liberté d’affectation des ressources », a noté M. Barrot.

Pour autant, « l’idée mûrit » dans le contexte politique nouveau très orienté vers la lutte contre le réchauffement climatique, a-t-il souligné.

Selon des participants, les Espagnols, les Grecs et les Portugais devraient être les plus réfractaires au projet de loi, soutenu en revanche avec force par la France, l’Allemagne et l’Autriche.

Actuellement, l’utilisation des frais de péages facturés aux poids lourds est strictement réservée aux coûts de construction et d’entretien des routes, selon une loi connue sous le nom de « directive Eurovignette », conçue pour limiter d’éventuels abus tarifaires et déjà révisée il y a deux ans.

« La France est très favorable au projet de directive Eurovignette présentée par Jacques Barrot et nous escomptons le faire avancer sous notre présidence » de l’UE qui démarre le 1er juillet, a indiqué le ministre français des Transports Jacques Bussereau.

« Il présente deux intérêts: un intérêt pour la lutte contre le changement climatique et un intérêt pour le report modal » (transfert d’une partie du transport routier au rail et au fluvial), a-t-il noté.

Dans l’immédiat, Paris entend utiliser la loi européenne actuelle pour faire payer d’ici 2011 aux poids-lourds passant sur son territoire les coûts d’infrastructures des autoroutes gratuites et des axes nationaux. L’Allemagne a devancé la France en la matière, entraînant un afflux de trafic frontalier sur les routes d’Alsace (est).

Il faut faire un appel d’offres pour l’opérateur et bâtir un système électronique ou satellitaire compatible techniquement avec des systèmes déjà mis en place en Allemagne, en République tchèque, en Autriche, ainsi que celui envisagé aux Pays-Bas, a expliqué le ministre français.