2 mai 2008

JAKARTA, 2 mai 2008 (AFP). Greenpeace a appelé vendredi les plus gros consommateurs mondiaux d’huile de palme à suivre l’exemple du géant Unilever, qui s’est engagé jeudi à se fournir auprès de « sources certifiées durables » à l’horizon 2015.

« Greenpeace salue l’appel d’Unilever pour un moratoire sur la destruction des forêts humides d’Indonésie, en soulignant que la nouvelle position de cette société devrait pousser les autorités indonésiennes à prendre des mesures plus agressives afin d’arrêter la déforestation », a indiqué l’ONG.

L’organisation écologiste a demandé aux sociétés Procter and Gamble et Nestlé de cesser dès maintenant d’acheter de l’huile de palme auprès de sociétés qui rasent des zones boisées, notamment sur tourbières.

Unilever « commencera à utiliser de l’huile de palme certifiée dans la deuxième moitié de 2008, lorsque celle-ci sera disponible, et se donne pour objectif de pouvoir tracer toute l’huile de palme utilisée en Europe d’ici 2012 », a affirmé jeudi le géant anglo-néerlandais de l’agro-alimentaire et des cosmétiques.

Greenpeace a toutefois assuré que « sans arrêt de la déforestation, les efforts d’Unilever pour tracer l’huile de palme durable seront voués à l’échec ».

L’Indonésie a dépassé la Malaisie pour devenir le premier producteur mondial de ce produit utilisé notamment dans la margarine, le rouge à lèvres, les crèmes glacées, les shampooings, les barres chocolatées ou les biocarburants.

Ces dernières années, Jakarta a délivré sans compter des autorisations d’exploitation de palmiers à huile et les plantations continuent à gagner du terrain au détriment des forêts tropicales.

Mais la déforestation, surtout de zones sur tourbières, un écosystème très spécial composé d’une accumulation de matières organiques, conduit à libérer d’énormes quantités de carbone.

L’Indonésie est devenu pour cette raison le 3e plus gros émetteur de gaz à effet de serre (GES), juste derrière les Etats-Unis et la Chine.