BERLIN, 23 avr 2008 (AFP). Paris et Berlin sont proches d’un accord sur la réduction des émissions de CO2 des voitures, mais divergent sur l’idée d’une « taxe aux frontières » pour éviter la délocalisation des industries les plus polluantes vers des pays moins soucieux de l’environnement, selon une source gouvernementale allemande.
« Sur beaucoup de principes nous sommes proches », a indiqué à des journalistes bruxellois une source gouvernementale allemande, au sujet de la discussion sur les gaz d’échappement. « Il y a de bonnes chances d’arriver à un accord équitable d’ici la prochaine réunion des ministres européens de l’Environnement début juin » a-t-elle ajouté.
L’Allemagne, producteur de grosses berlines plus polluantes que les petits petits modèles français, a posé comme principe que tous les types de voiture – petites, moyennes et grosses – devront contribuer à la réduction de ces émissions, a-t-elle précisé.
Elle avait vivement critiqué en décembre le projet présenté par la Commission européenne consistant à exiger les plus gros efforts des modèles les plus lourds, considéré comme pénalisant pour son industrie.
Bruxelles a proposé que chaque constructeur vendant des voitures en Europe, se voit assigné un objectif pour arriver à une moyenne globale de 130g de dioxyde de carbone (CO2) émis au kilomètre sur l’ensemble du parc automobile neuf vendu en Europe en 2012 (contre 160 g actuellement).
Selon les projets de la Commission, un constructeur qui n’atteindrait pas son objectif sera pénalisé à partir de 2012, à hauteur d’abord de 20 euros par gramme de C02 en trop par véhicule vendu, puis 35 euros en 2013, 60 euros en 2014 et 95 euros en 2015.
Les objectifs ont été assignés en fonction du poids moyen de la flotte de chaque constructeur, donnant naissance à une « courbe » que les constructeurs allemands trouvent encore trop raide.
Selon la source allemande, les discussions avec Paris – auxquelles participent les ministres allemands de l’Economie, de l’Environnement et les services de la chancelière Angela Merkel – portent notamment sur la « courbe » exacte qui définira la contribution de chacun.
L’Allemagne ne conteste pas l’idée d’amendes progressives mais la rapidité de leur progression fait débat, selon la source gouvernementale. Les amendes pourraient aussi ne s’appliquer qu’à certains modèles dans un premier temps.
Sur ce dossier qui teste la détermination des Européens à tenir leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 20% d’ici 2020, les négociations franco-allemandes sont le prélude à un accord à 27 que les responsables européens se sont promis de trouver d’ici fin 2008.
Selon la source gouvernementale, l’Allemagne écarte cependant toute idée de « taxe aux frontières », agitée par les Français pour pénaliser les produits issus de pays ne faisant pas les mêmes efforts de réduction d’émissions que les Européens.
Lors d’une récente réunion avec leurs homologues français à Paris, les responsables allemands de ce dossier « ont dit très clairement que nous ne voulions aucune sorte de taxe aux frontières », a-t-elle expliqué.
Berlin prône plutôt l’utilisation des revenus issus de la mise aux enchères, à partir de 2013, des permis de polluer actuellement accordés gratuitement aux industries, pour les aider à s’adapter ou financer des projets internationaux, selon la source gouvernementale.
L’Allemagne veut aussi jouer, comme instrument de modulation, de la bourse d’échanges du CO2 mise en place en 2005, en évitant peut-être à certaines industries les plus polluantes et les plus exposées à la concurrence internationale de voir les permis à polluer qui leur sont accordées devenir payants dès 2013, comme pour les autres.














