24 avril 2008

PARIS, 24 avr 2008 (AFP). L’élévation du niveau des mers liée au réchauffement climatique serait amplifiée par le cycle des marées, estime une étude publiée jeudi par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

Dans certaines régions, comme le Mont Saint-Michel ou la baie d’Ungava (côte Est du Canada), le cycle bidécennal des marées « pourrait, d’ici 2015, provoquer une élévation du niveau des pleines mers de plus de 50 centimètres, soit vingt-cinq fois plus importante que la montée des eaux liée à l’expansion thermique de l’océan (dilatation des eaux due à la chaleur) consécutive au réchauffement climatique global », estiment les chercheurs.

Les marées, outre leur cycle quotidien, suivent un cycle sur 18,6 ans. Le niveau moyen des pleines mers augmente de 3% par an pendant la première moitié du cycle, puis diminue de 3% les 9 années suivantes.

Plusieurs études menées depuis 1993 estiment à 3,2 centimètres l’augmentation du niveau des océans, soit deux fois plus que celle enregistrée sur l’ensemble du siècle précédent. Ce phénomène attribué à la dilatation des eaux due au réchauffement global risque de se traduire par une érosion accrue du littoral et des inondations.

Pour les chercheurs, coordonnés par l’IRD, d’autres processus moins étudiés que la dilatation des eaux, comme le cycle des marées « semblent contribuer tout autant, à l’échelle de la planète, aux modifications du niveau des océans ».

Ils ont comparé les mesures prises par satellite sur l’évolution de la mangrove le long des côtes de la Guyane française. La période couverte, 1986 à 2006, représente un cycle bi-décennal complet des marées.

En croisant ces données, les scientifiques ont révélé que « 75 % de l’augmentation du niveau des pleines mers enregistrée pour cette zone côtière lors des dix premières années du cycle, serait directement imputable au cycle des marées ».

En extrapolant ces résultats, ils ont estimé l’impact du cycle des marées sur la montée des eaux à l’échelle de la planète, notamment là où l’écart entre marées haute et basse est très important, comme au Mont Saint-Michel (12 m) et dans la baie d’Ungava (20 m).

Ils concluent que dans ces régions, le cycle bi-décennal des marées « pourrait, d’ici 2015, provoquer une élévation du niveau des pleines mers de plus de 50 centimètres », avec ensuite une diminution régulière pendant la deuxième phase du cycle, sur la période 2015-2025.