ROME, 20 avr 2008 (AFP). Le rapport entre l’offre et la demande n’affecte pas les prix du brut, a estimé dimanche le ministre koweïtien du Pétrole par intérim, Mohammad al-Olaim, alors que les cours de l’or noir flambent et ont atteint de nouveaux records vendredi.
« Les fondamentaux n’affectent pas le marché », a-t-il déclaré en marge d’une réunion à Rome du Forum international de l’énergie, qui réunit pays producteurs de pétrole, pays consommateurs et compagnies pétrolières.
« S’il y a besoin d’augmenter » la production de pétrole, les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont le Koweït est membre, « prendront une décision », a-t-il toutefois ajouté.
« A ce jour, le niveau des stocks n’affecte pas les prix (du pétrole) sur le marché », a-t-il estimé.
Son homologue qatari, Abdallah al-Attiyah, s’est lui dit « confiant dans le fait qu’il n’y a pas de déficit d’approvisionnement sur le marché ».
Il a également indiqué que les ministres des pays membres de l’Opep présents à Rome ne devraient pas se réunir en marge de la conférence, malgré la flambée des cours, réitérant les propos tenus par le secrétaire général de l’Opep, Abdallah el-Badri, la veille, à son arrivée à Rome.
« Si le président » de l’Opep, l’Algérien Chakib Khélil, « nous demande de nous réunir, nous le ferons, mais il ne l’a pas fait ».
Le prix du baril de pétrole sur les marchés mondiaux a encore atteint des records vendredi, dépassant 117 dollars à New York et 114 dollars à Londres, à la suite de nouvelles perturbations de la production au Nigeria, premier producteur africain d’or noir.
Par ailleurs, M. al-Attiyah a nié le rôle des prix élevés du pétrole dans la crise alimentaire qui a provoqué ces derniers jours des émeutes dans plusieurs pays: « ce n’est pas notre responsabilité », a-t-il affirmé.
« Il ne faut pas mettre en cause le pétrole mais les biocarburants, qui sont à l’origine d’une grande partie du problème », a-t-il jugé.
Le monde doit décider « ce qui doit être la priorité: conduire ou manger », a-t-il dit.
Il a fait valoir que « le monde est confronté à une pénurie de nourriture. Même les grands exportateurs de riz comme l’Inde, le Bangladesh, la Thaïlande, sont en train de réduire leurs exportations ».
« C’est la différence entre des prix élevés et une pénurie », a-t-il insisté, allusion à la position de l’Opep, qui affirme que le marché est suffisamment approvisionné et rejette la faute des prix élevés sur les spéculateurs et les tensions géopolitiques.














