BRASILIA, 18 avr 2008 (AFP). Le ministre brésilien des Affaires étrangères a déclaré vendredi que les subventions européennes et américaines à l’agriculture, et non les biocarburants, ont entrainé la crise alimentaire, en réponse à une déclaration du directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
« Ce qui a réellement porté préjudice à la production d’aliments dans les pays pauvres, soyons clairs, c’est l’existence de subventions à l’agriculture et les barrières douanières dans les pays riches », a dit Celso Amorim.
« La communauté internationale devrait être en train de discuter l’élimination totale des subventions à l’agriculture en Europe et aux Etats-Unis, car ce qui a empêché la croissance de la production d’aliments dans les pays africains, dans les pays sud-américains sont les subventions et non pas les biocarburants », a-t-il souligné.
M. Amorim répondait à une critique du directeur général du Fonds monétaire international (FMI) qui a estimé vendredi que produire des biocombustibles à partir de denrées alimentaires posait « un vrai problème moral » alors que sévit une crise alimentaire dans les pays pauvres.
M. Amorim a ajouté que « si le directeur du FMI et le président de la Banque mondiale voulaient réellement faire une recommandation qui améliore la production d’aliments dans ces pays, ils devraient dire à l’Union Européenne et aux Etats-Unis de réduire à zéro leurs subventions ».
Les biocarburants à base de denrées alimentaires sont devenus un sujet polémique dans le contexte actuel de hausse des prix des produits alimentaires.
Le Brésil, leader mondial avec les Etats-Unis de la production d’éthanol, défend la production de biocombustibles dans les pays en développement comme source de revenus et assure qu’elle est parfaitement compatible avec la production d’aliments.
Jeudi le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait affirmé que le « vrai crime contre l’humanité » était de rejeter les biocarburants et de laisser les pays « étranglés par le manque d’aliments et d’énergie dans la dépendance et l’insécurité ». Lula répondait au Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, qui a qualifié la production massive de biocarburants de « crime contre l’Humanité ».














