15 avril 2008

PARIS, 15 avr 2008 (AFP). Les pays agricoles doivent changer urgemment de politique pour éviter une « explosion sociale » à l’échelle planétaire, ont averti mardi des experts dans le cadre d’un rapport parrainé par l’Unesco et publié en pleine flambée internationale des prix.

« L’agriculture moderne va devoir changer de manière radicale (…) si la communauté internationale veut éviter que l’augmentation de la population et les changements climatiques ne se traduisent en une explosion sociale et un désastre environnemental », affirme un communiqué délivré à la presse lors de la publication d’un rapport sur l’état de l’agriculture mondiale.

« Il va falloir concilier des objectifs contradictoires, c’est-à-dire produire plus mais aussi produire différemment » pour répondre à la fois aux besoins alimentaires et aux défis en matière de santé, d’environnement et de fonctions notamment sociales de l’agriculture, a résumé Guilhem Calvo, de la Division des sciences écologiques et de la Terre de l’Unesco.

Le texte, fruit du travail de quelque 400 chercheurs internationaux en collaboration avec des représentants gouvernementaux et de la société civile, propose des pistes d’évolution tant dans le domaine des techniques agricoles, que de leur impact sur la santé et sur l’environnement.

Il a été validé la semaine dernière par les représentants de 64 pays.

Ses auteurs soulignent notamment le risque lié au lancement des bio-carburants pour la sûreté alimentaire mondiale, et l’intérêt des carburants de seconde génération (qui n’entrent pas en concurrence avec les cultures).

La Chine et les Etats-Unis notamment, tout en participant au projet, ont émis des réserves sur le chapitre consacré aux biotechnologies, qui soulève le problème du droit de propriété sur les OGM, précise le rapport.