9 avril 2008

NOUMEA, 10 avr 2008 (AFP). Les chefferies kanak et des associations écologistes de Nouvelle-Calédonie se mobiliseront samedi pour s’opposer à la poursuite du chantier de l’usine Goro Nickel de l’industriel brésilien Vale et réclamer le respect des droits des peuples autochtones, ont-elles annoncé.

“Nous sommes dans une démarche de reconquête de notre droit inaliénable reconnu par l’Onu, rendant indispensable l’accord des peuples autochtones pour exploiter les richesses naturelles”, a déclaré Raphaël Mapou, du comité autochtone Rheebu Nuu (L’Oeil du pays).

Les opposants à l’usine Goro Nickel ont invité la population à participer samedi à une journée de mobilisation, au cours de laquelle “un bois tabou” (totem sculpté) sera planté sur un récif du lagon.

“Chaque fois que le peuple kanak se sent menacé dans son existence, on plante un bois tabou, cela veut dire que c’est interdit et aussi qu’il y a un appel au dialogue”, a également indiqué Roch Wamytan, grand chef coutumier du sud de la Nouvelle-Calédonie.

Les protestataires exigent par ce “bois tabou” “l’arrêt définitif” de la pose en mer d’un tuyau qui doit évacuer les effluents de l’usine Goro Nickel, laquelle doit produire 60.000 tonnes de nickel et 4.000 tonnes de cobalt.

“Le tuyau va rejeter entre 1.200 et 3.000 mètres cubes d’effluents par heure dont on ignore réellement la composition, mais il y a des solvants et des métaux lourds”, ont indiqué les associations.

Selon les opposants, ce tuyau risque en outre d’empêcher l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco de la barrière de corail de Nouvelle-Calédonie, dont le dossier doit être examiné en juillet.

Face aux nombreuses protestations, Goro Nickel, filiale du géant brésilien Vale, a suspendu le 23 février l’installation en mer de ce tuyau d’une vingtaine de kilomètres, et ne parvient pas depuis à renouer le dialogue avec les opposants.

L’industriel affirme que l’effluent “est conforme en tout point à la réglementation internationale” et que “la démarche a été validée par des experts du Centre national de recherche scientifique (CNRS)”.

D’un coût de 3,2 milliards de dollars, l’usine de Vale dans le sud de la Nouvelle-Calédonie doit entrer en production fin 2008.