7 avril 2008

PARIS, 7 avr 2008 (AFP). Le marché européen du carbone pourrait permettre aux compagnies de production d’électricité de réaliser jusqu’à 71 milliards d’euros de profits d’ici 2012, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF France) qui se prononce pour “une réforme en profondeur” de ce marché.

Les profits réalisés par ces compagnies dans cinq pays d’Europe – Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie, Pologne – se situeraient entre 23 milliards d’euros et 71 milliards d’euros pour un prix de la tonne de CO2 entre 21 et 32 euros, indique le WWF se référant à une étude commandée à Point Carbon.

Les industries qui ne sont pas soumises à une concurrence internationale forte “augmentent leurs prix et font payer leurs émissions par les consommateurs”, indique le WWF. “Ils font comme s’ils devaient acheter les permis alors qu’ils les ont eu majoritairement gratuitement”, ajoute-t-il.

Le WWF soutient la proposition de la Commission européenne de faire payer les permis à partir de 2013.

Seules les installations identifiées par des experts indépendants comme réellement sensibles à la concurrence internationale devront pouvoir bénéficier de permis gratuits, ajoute-t-il. Le revenu de la vente des permis devrait être entièrement ré-investi dans la lutte contre les changements climatiques, en Europe et dans les pays en développement.

Le protocole de Kyoto contraint les pays industrialisés signataires à des réductions de gaz à effet de serre (le principal étant le CO2), mais a prévu des solutions de souplesse pour atteindre ce but, notamment l’achat de crédit-carbone, par des Etats ou des entreprises qui ne peuvent remplir leurs engagements.

Chaque grande installation industrielle reçoit ainsi gratuitement un certain nombre de permis à émettre du CO2 et, lorsqu’elle en émet plus que son quota, elle doit acheter des permis supplémentaires auprès de celles qui en émettent moins sur le marché européen du carbone.