BRUXELLES, 7 avr 2008 (AFP). Les producteurs d’électricité de cinq Etats européens récolteraient des bénéfices pouvant atteindre 71 milliards d’euros au cours de la seconde phase (2008 à 2012) du système européen d’échange de droits d’émission de CO2, affirme lundi le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un rapport publié lundi.
Ce rapport est basé sur une étude commandée par le WWF à Point Carbon, leader des analystes des marchés du carbone, pour évaluer les profits potentiels que le secteur de l’énergie pourra enregistrer dans cinq états européens –Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie et Pologne– grâce à un système conçu à la base pour réduire les émissions de CO2.
Le système européen d’échange de droits d’émission est la directive centrale de l’Union européenne dans la lutte contre le changement climatique. Elle a été mise en place pour limiter les émissions causées par les industries les plus polluantes.
Si les émissions produites par une entreprise faisant partie du système d’échange dépassent les niveaux agréés, elle devra faire face à de lourdes amendes si elle ne possède pas les permis d’émission suffisants pour compenser son dépassement.
Actuellement, l’Union européenne distribue tout à fait gratuitement la plupart de ces permis aux entreprises, souligne le WWF.
« Distribuer gratuitement des permis d’émission aux entreprises du secteur de l’énergie, c’est comme leur donner un bonus en cash. Des profits facilement gagnés et sans efforts, c’est scandaleux », estime le WWF.
L’UE est en train de négocier la façon dont les permis d’émission fonctionneront à partir de 2013. Si tout se passe bien, le secteur de l’énergie va devoir acheter la totalité des permis nécessaires à couvrir ses émissions. Selon le WWF, il est primordial qu’un des secteurs participant le plus au changement climatique prenne ses responsabilités face aux émissions qu’il provoque. La distribution gratuite de permis d’émettre au secteur de l’énergie ne doit plus être autorisée après 2012, avertit le WWF.
Selon lui, « les revenus des ventes et des enchères des permis d’émission doivent être entièrement réinjectés dans la lutte contre le changement climatique aussi bien en Europe que dans les pays en développement ».














