NAIROBI, 3 juin 2010 (AFP). Les environnement naturels -- forêts, eau douce, mangroves etc -- fournissent chaque année des "services" d'une valeur équivalente à la production mondiale brute, mais deux-tiers d'entre eux ont déjà été endommagés par l'Homme, selon une étude du Programme des Nations Unies pour l'environnement.

Dans cette étude publiée à l'avant-veille de la Journée mondiale de l'Environnement, le PNUE estime entre 21.000 et 72.000 milliards de dollars la valeur annuelle des "services" rendus à l'Homme par les éco-systèmes dans le monde (apport en nourriture, en eau ou en médicaments naturels, protection contre les catastrophes naturelles etc).

A titre de comparaison, la production mondiale brute s'élève à 58.000 milliards de dollars (chiffres 2008), selon l'étude intitulée "Planète morte, planète vivante".

"Dans le passé, ces services n'étaient jamais ou pratiquement jamais comptabilisés au niveau national ou international. Cela devrait et doit changer", a déclaré le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.

L'étude du PNUE vise à sensibiliser la communauté internationale sur la valeur des éco-systèmes, dont plus de 60 pc sont déjà dégradés, qu'il s'agisse des marais, récifs coralliens, des forêts ou des sols tropicaux.

L'entretien et la préservation des éco-systèmes doit être une priorité, car cela revient dix fois moins cher que la restauration d'un environnement dégradé, selon cette étude. De plus, la restauration la mieux menée ne permettra de récupérer qu'entre 25 et 44 pc des "services" originels fournis par la nature, ainsi que de sa faune et flore.

Mais en dépit de cela, "la restauration (des milieux naturels) n'en reste pas moins une bonne affaire", car la nature assure souvent mieux que l'Homme et à moindre coût ces "services" qui lui sont indispensables.

Ainsi, "les zones humides et les forêts peuvent être jusqu'à 22 fois plus efficaces que d'investir dans les systèmes de traitement d'eau", a indiqué Christian Nelleman, directeur d'études pour ce rapport.