CHICAGO (Etats-Unis), 28 fév 2009 (AFP). Le réchauffement climatique pourrait retarder le début de la mousson d'été de cinq à 15 jours au cours du siècle prochain, avec une réduction importante des précipitations sur la majeure partie de l'Asie du sud, selon une récente étude américaine.

La hausse des températures globales devrait déplacer la circulation des moussons vers l'est, ce qui pourrait se traduire par des pluies plus importantes sur l'océan Indien, la Birmanie et le Bangladesh, et moindres au Pakistan, en Inde et au Népal, selon l'étude publiée par le journal Geophysical Research Letters de janvier.

Les intervalles entre les périodes de pluies pourraient aussi s'allonger et les risques d'inondations entraînant des pertes en vies humaines augmenter, en raison d'une hausse générale de la moyenne des précipitations sur certaines régions côtières de l'ouest de l'Inde, du Sri Lanka et de la Birmanie.

Ces modifications pourraient avoir des conséquences majeures sur l'agriculture, la santé humaine et les économies de la région, avertit un des auteurs de cette étude, Noah Diffenbaugh, du centre de recherche sur le climat de l'université Purdue.

"Près de la moitié de la population mondiale vit dans des zones affectées par ces moussons, et même une légère déviation du parcours normal des moussons peut avoir un impact énorme", explique-t-il.

"La production agricole, les disponibilités en eau et la production hydroélectrique pourraient être grandement affectées par un retard du début des moussons et une réduction des surfaces arrosées".

Le changement climatique affectant le régime des moussons pourrait aussi conduire à une chaleur extrême, explique Moetasim Ashfaq, principal auteur de l'étude.

Ce chercheur a utilisé une modélisation à haute résolution pour étudier la manière dont le changement climatique risquait d'affecter la topographie complexe de l'Asie du sud, et a recréé à cette fin les épisodes de mousson de ces dernières années.

Il a découvert que la hausse des températures renforçait certains aspects de la circulation des moussons de manière générale mais affaiblissait à une plus petite échelle certaines interactions entre la terre et l'humidité atmosphérique.

"Même dans un système de mousson intense, si la circulation change suffisamment pour modifier le lieu et la date des précipitations, cela peut avoir un impact qu'on ne réussit pas à mesurer dans les évaluations à grande échelle", fait valoir le chercheur.