L'association Européenne de l'énergie éolienne (EWEA) vient de publier son rapport sur l'année 2008. Signe des temps, on voit ici l'exemple d'une industrie dont les progrès et la réussite étaient largement prévisibles. Comment ne pas faire le parallèle avec un autre secteur, celui de l'industrie automobile dont de nombreux acteurs  se sont effondrés, illustrant le malheureux syndrome d'une surproduction largement prévisible depuis des années compte tenu du niveau d'équipement des ménages. En 2006, en effet, près de 90 % des ménages actifs étaient équippés d'au moins un véhicule, selon l'INSEE. Quelle responsabilité alors attribuer aux industriels qui ont pris le parti de continuer le "business as usual" ? 

Business as usual, tel n'est pas le crédo des professionnels de l'énergie éolienne, qui marque en 2008 une première : l'EWEA affirme en effet, chiffres à l'appui, que cette année, au niveau des nouvelles mises en production,  l'énergie éolienne a dépassé en puissance toutes les autres formes de production d'électricité, que ce soit le charbon, le gaz, le fuel ou le nucléaire. 43% des nouvelles capacités de production installée en 2008 sont éoliennes, énergie qui représente aujourd'hui 69000MW en europe (croissance de 15% par rapport à 2007).

En 2008, se sont montées en moyenne 20 éoliennes par jour en Europe ! Au total, 160 000 travailleurs ont été embauchés sur ces chantiers et l'énergie éolienne représente désormais 4% environ de la production d'électricité en Europe. 

"L'energie éolienne est l'exemple d'un investissement intelligent qui fait travailler l'argent des citoyens européens pour leurs propres économies, au lieu de les transférer dans les pays exportateurs de pétrole", affirme Christian Kjaer, directeur de l'EWEA. LEs compétences générées, les emplois créées, sont de formidables soutiens au rôle que joue l'énergie éolienne dans la réduction des émissions de CO2, souligne encore M.Kjaer.