23 janvier 2009

PARIS, 23 jan 2009 (AFP). La majorité sénatoriale a adopté, vendredi dans le cadre du plan de relance, un amendement permettant l'autorisation expresse d'un circuit de Formule 1 en région parisienne, dans les Yvelines, au grand dam de l'opposition et des écologistes.

L'amendement UMP permet d'utiliser une procédure rapide par le biais d'une "convention d'occupation temporaire du domaine publique" pour exploiter un circuit F1.

"Le maintien d'un grand prix de F1 en France est un enjeu national. Si la construction et la délégation de gestion de cet équipement sont menées dans des délais rapides, il est possible qu'un Grand prix puisse (se tenir) de nouveau en France à partir de 2011" ont fait valoir les quatre premiers signataires de l'amendement dans leur exposé des motifs, Bruno Gilles et Sophie Joissins (tous deux des Bouches-du-Rhône), Michel Bécot (Deux-Sèvres), Eric Doligé (Loiret).

Le ministre de la relance Patrick Devedjian a dit être "très favorable à cet amendement". "Le Premier ministre suit cette affaire avec beaucoup d'intérêt", a-t-il ajouté.

"Il s'agit d'un amendement du gouvernement déguisé en amendement UMP, qui valide l'installation du grand prix de F1 dans les Yvelines au détriment de Magny-Cours, soit 400 emplois en moins pour la Nièvre", s'est indignée Bariza Khiari (PS, Paris).

"C'est le lobby de la Fédération automobile" qui agit pour cet amendement "nuisible pour l'environnement, sans intérêt économique pour la collectivité mais bien dans l'intérêt financier de quelques intérêts privés", a renchéri Jean Desessard (Verts).

Pour Agir pour l'environnement, les sénateurs "en service commandé espèrent ainsi obtenir par la loi ce que le président du Conseil général des Yvelines n'arrive pas à imposer sans concertation aux riverains".

Corinne Lepage, présidente de Cap21, a regretté dans un communiqué "que le poids des lobbys trouble le jugement des élus au point de leur faire prendre des décisions totalement stupides et inadaptées".

Le département des Yvelines, présidé par le député UMP Pierre Bédier, s'est porté en septembre candidat à l'organisation du Grand Prix de France de Formule 1 en 2011.

Mais le projet "Yvelines F1 - La vallée de l'automobile" rencontre une vive opposition, notamment des défenseurs de l'environnement. Ceux-ci soulignent que le circuit sera "construit sur l'un des captages d'eau les plus importants d'Ile de France et sur des terres prochainement dédiées à l'agriculture biologique".

Le projet de circuit dans les Yvelines avait été relevé par l'Alliance pour la planète (coalition de 80 ONG) comme particulièrement "grenello-incompatible", c'est-à-dire contraire à l'esprit du Grenelle de l'environnement.

Cet amendement au projet de loi d'"accélération des programmes de construction et d'investissements", traduction législative du plan de relance devra être confirmé lors de la CMP (Commission mixte paritaire, Sénat-Assemblée).

Le Sénat examine la loi Grenelle à partir de mardi.