BORDEAUX, 24 mars 2008 (AFP). Le porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", Stéphane Lhomme, convoqué mardi par la Direction de la surveillance du territoire (DST) au sujet de la détention d'un document "confidentiel défense", a estimé lundi être certain du "bon droit" du réseau.

"Nous sommes tout à fait certains de notre bon droit et de notre devoir, même, de révéler ces informations pour montrer à l'ensemble de la population que, une fois de plus, concernant le nucléaire, les autorités françaises nous racontent des salades", a affirmé le militant bordelais au micro de France Bleu Gironde.

La convocation de M. Lhomme devant la DST est lié à un document "confidentiel défense" que s'était procuré "Sortir du nucléaire" en 2006 et dont il ressortait que les réacteurs de type EPR n'étaient pas conçus pour résister au choc d'un avion de ligne.

"Nous sommes finalement contents qu'il y ait des gens à l'intérieur du système, dans EDF en particulier, qui, voyant des choses très graves, prennent le risque de nous faire parvenir ces documents. C'est vrai que les autorités cherchent la source", a expliqué Stéphane Lhomme.

"Il y a plusieurs personnes menacées: les gens qui nous font parvenir ces documents et puis évidement nous, puisque lorsque nous en faisons état et lorsque nous les rendons publics, nous sommes menacés de sanctions très lourdes", a-t-il ajouté.

Pour la seule détention de ce document, le militant risque cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, avait indiqué vendredi "Sortir du nucléaire".

En mai 2006, au lendemain d'une garde à vue de M. Lhomme à Bordeaux, le réseau ainsi que d'autres associations avaient décidé de publier une copie numérisée de ce document sur leurs sites internet.

Un réacteur nucléaire de troisième génération EPR est en construction à Flamanville (Manche). L'EPR est développé par le groupe français Areva et exploité par Electricité de France (EDF).