14 novembre 2006
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Crédit photo : © Ville de Nantes / Routier - Menoret

L'histoire des 17 hectares qui viennent d'être inscrits au programme Natura 2000 est étonnante et rare. Ce qui était à l'origine un échangeur ferroviaire dans le coeur urbain de la ville de Nantes s'est vu transformé, après avoir été bombardé pendant la seconde guerre mondiale, en terrain vague où l'eau a conquis les cratères, donnant à une végétation typique des bords de loire tout le loisir de s'implanter tranquillement. De nombreuses espèces rares s'y sont installées naturellement, notamment des oiseaux : colverts, des martins-pêcheurs, des hérons cendrés, des poules d'eau, des migrateurs comme le héron bihoreau sont souvent observés. Mais ce sont aussi renards, chevreuils qui parcourent régulièrement cet espace peuplé d'ormes, chênes, saules, frênes, lauriers-sauces, joncs...

Pour la richesse de leur flore, ces dix-sept hectares viennent d'être classés et insérés dans le périmètre Natura 2000. «Ce n'est pas un gadget ou une opération de communication. On n'a pas surclassé le site pour sa singularité urbaine, uniquement pour la richesse de sa biodiversité», note Ronan Dantec, élu Vert à Nantes Métropole, répondant à une interview pour Libération.

Si cette intervention est largement médiatisée, l'espace sera volontairement fermé au public : imaginez le désastre si des milliers de Nantais devaient venir y déguster leur pique nique chaque weekend ! Des locataires un peu plus anachronique investiront les lieux à partir de décembre : l'introduction de vaches écossaises est programmée afin de réguler l'exhubérante végétation qui donne son nom à cette petite Amazonie. Seule exception à cette règle, des classes vertes encadrées par la Ligue de Protection des Oiseaux pourront s'y dérouler.

Sources :

  • Libération, A Nantes, la Petite Amazonie marque son territoire, Nicolas de la CASINIERE, 11 nov 06
  • Le Point, Un marais au coeur de Nantes, Denis Roux, 13/12/02