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Landshare : la consommation collaborative appliquée au jardinage

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Depuis une dizaine d’années maintenant, grâce à l’essor des technologies de l’information et des réseaux sociaux, on constate l’émergence d’un nouveau modèle économique non plus basé sur l’hyperconsommation ou la propriété mais sur l’usage des produits par le biais de troc, de l’échange, de la location ou de la vente entre particuliers.  Cette « économie de partage », ou plus particulièrement cette nouvelle forme de « consommation collaborative » s’applique désormais à une multitude de secteurs d’activités.  On peut citer en exemple les Systèmes d’Echange Locaux  (SEL), l’autopartage, les systèmes de vélos en libre service, les sites dédiés à l’achat, la vente ou la location entre particuliers, le recyclage et le Freecycle, l’échange de services, le don et la redistribution, les services d’hébergement etc.  Le principe de l’économie circulaire, abordé dans un article précédent, participe à la même logique. 

C’est basé sur ce modèle de consommation collaborative que Landshare a été crée en 2009 au Royaume Uni dans le but de promouvoir la pratique du jardinage d’une manière originale.  L’idée est très simple : Landshare met en relation des particuliers souhaitant démarrer un potager mais n’ayant pas l’espace nécessaire pour le faire avec des propriétaires terriens ou de petits jardins qui n’en font pas usage. 

La page d'accueil de Landshare.net

Bien sur, il existe déjà un réseau solide de jardins familiaux depuis plusieurs dizaines d’années, mais ces parcelles restent en général cantonnées à la périphérie des agglomérations urbaines.  Pour répondre à la demande croissante due à la renaissance du jardinage et de l’autoconsommation (il est estimé que les listes d’attentes pour les jardins familiaux au Royaume-Uni dépassent les 100,000 personnes), Landshare élargit le système en place à l’ensemble du territoire en y intégrant l’offre de parcelles privées et en proposant un listing interactif au niveau national, et ce grâce à une plateforme virtuelle.  Une fois qu’un « demandeur » trouve une « offre » qui lui convient, les deux parties signent ensemble un contrat à valeur légale qui définit précisément les droits et les devoirs de chacun, la durée du contrat, l’accès au terrain, à l’eau etc.

Landshare encourage donc par la même occasion la création de communautés de pratique par le biais de groupes locaux, de forums en ligne, de blogs consacrés au jardinage qui regroupent amateurs et experts autour d’un projet commun.  Depuis sa création, Landshare compte plus de 65,000 membres, et deux réseaux similaires se sont mis en place depuis en Australie (Février 2011) et au Canada (Mai 2011).  Le site canadien est d’ailleurs en cours de traduction en français et contient déjà un didacticiel.  Un mouvement similaire (le Yard Sharing) est également en plein essor aux Etats-Unis depuis plusieurs années.  Dans un contexte de crise économique mondialisée, on constate donc l’émergence d’une nouvelle dynamique de consommation collaborative qui n’est plus fondée sur les principes établis de l’économie marchande mais sur le partage et qui est catalysée par Internet et les réseaux sociaux.  Dans le cas du jardinage, Rachel Botsman (voir lien ci-dessous) avance l’idée du « style de vie collaboratif ».

Pour une introduction au principe de la consommation collaborative: Rachel Botsman: à propos de la consommation collaborative – une présentation sous-titrée en français.

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