OSLO, 30 jan 2009 (AFP). Le fonds de pension public norvégien, l'un des fonds souverains les plus importants au monde, s'est retiré du groupe minier canadien Barrick Gold Corporation et de l'industriel américain Textron pour des motifs d'éthique, a annoncé vendredi le ministère norvégien des Finances.

Le fonds a vendu l'intégralité de ses titres dans Barrick et dans Textron, dans lesquels il détenait des participations respectives de 1,2 milliard de couronnes (140,5 millions d'euros) et 249 millions de couronnes.

Il est reproché à Barrick, principal groupe aurifère au monde avec 27 filons en exploitation, d'infliger des "dégâts irréversibles" sur l'environnement en Papouasie Nouvelle-Guinée, où sa mine de Porgera rejette directement dans une rivière ses substances toxiques, dont du mercure.

Textron est pour sa part accusé de produire des armes à sous-munitions, interdites par une Convention signée l'an dernier par une centaine de pays au terme d'un processus mené par la Norvège. Les Etats-Unis et d'autres producteurs majeurs, tels la Chine et la Russie, n'ont pas adhéré au traité.

Alimenté par les recettes pétrolières publiques et investi en actions et obligations internationales, le fonds norvégien pesait 2.120 milliards de couronnes fin septembre, ce qui en fait le deuxième fonds souverain au monde derrière celui d'Abou Dhabi, selon des classements officieux.

Sa gestion est encadrée par des règles d'éthique très strictes. Sont proscrits les investissements dans les fabricants d'armes "particulièrement inhumaines" et dans les groupes coupables de violation des droits de l'Homme, de corruption ou de graves dégradations de l'environnement.

Une petite trentaine de sociétés, dont Boeing, Wal-Mart, EADS, Safran et BAE Systems, figurent maintenant sur la liste noire du ministère norvégien des Finances.