1 juin 2012

Un été historique et prometteur ! En effet, le prochain sommet des Nations Unies sur le développement durable aura lieu à Rio de Janeiro en juin 2012, 20 ans après celui historique de 1992. Près de 50 000 personnes y sont attendues, des milliers d’ONG participeront aux travaux et pas moins de 120 chefs d’Etat seront représentés pour se pencher au chevet de notre planète et relever les défis qui nous attendent demain. Car en vingt ans, notre monde a changé : nous venons de franchir la barre symbolique des 7 milliards d’habitants et notre terre accueille chaque jour plus 150 000 nouveaux humains ; la mondialisation a engendré une mutation de nos paysages et accéléré le processus d’exode rural ; des mégapoles se sont érigées dans les pays émergents et ont bouleversé les habitudes de consommation ; les déserts, eux, ont progressé, et c’est toute une biodiversité qui s’en retrouve bouleversée. Avec Rio +20, le temps est venu, certes d’évaluer les progrès réalisés, mais surtout de construire par une économie plus verte un monde durable.

 

En 2012, le Festival photo Peuples et Nature de La Gacilly (Morbihan) se veut être l’ambassadeur de ce sommet décisif. Le Brésil sera exceptionnellement l’invité d’honneur de cette neuvième édition, et nous souhaitons vous faire découvrir certains talents photographiques de ce pays devenu la 5 ème puissance mondiale. Au XIXème siècle, le Brésil ressemble encore à une terra incognita : Marc Ferrez en avait alors capté l’immensité vierge et ses villes naissantes ; José Médeiros, considéré comme le pionnier du photojournalisme brésilien, fut le premier à photographier les tribus non contactées d’Amazonie dans les années 50, montrant aussi la diversité raciale et sociale du pays ; Tyba, élue meilleure agence d’Amérique latine, nous offrira les meilleurs clichés de ses auteurs face au défi environnemental que connait aujourd’hui le Brésil. Enfin, Anouk Garcia nous présentera le monde des indiens du Brésil entre chamanisme et communion avec la terre : dans la région de l’Acre, très loin des villes, les Huni Kuin hantent le Rio Jordao, temple de la biodiversité.

Le sommet de Rio sera aussi l’occasion de découvrir les talents photographiques de demain, des auteurs venus du monde de l’art, et des photojournalistes de renommée internationale. En 20 clichés qui ont marqué l’Histoire, une exposition signée de 20 photographes prestigieux présentera de 1992 à 2012 ces moments de l’actualité qui ont marqué la conscience de l’homme vis-à- vis de la planète ; l’Allemand Peter Bialobzeski nous surprendra avec son travail futuriste sur les mégapoles asiatiques ; le Français Cédric Delsaux, habitué des galeries, nous fera réfléchir avec ses œuvres monumentales qui présentent un monde malade de sa surexploitation ; la célèbre agence Magnum confrontera les regards de deux de ses représentants éminents : Raymond Depardon pour ses peuples des déserts, Stuart Franklin pour ses peuples des villes ; quant aux 7 milliards d’individus que nous sommes, nous les retrouverons par une immense fresque de 193 portraits du monde, représentant les 193 nations de l’ONU. Enfin, c’est en Bretagne que nous montrerons les visages et les espoirs de ceux qui font vivre le département du Morbihan : le travail itinérant de Jean-Michel Turpin et Gilles Bassignac montrera ces hommes et ces femmes entre terre et mer, ruraux ou urbains, fiers de leurs attaches et prêts à construire leur avenir. Bien entendu, les peuples restent au cœur du Festival de la Gacilly : Pierre de Vallombreuse offrira les plus belles images de ses cinq années passées à rencontrer les Hommes Racines, l’Espagnol Juan Manuel Castro Prieto (agence VU) dévoilera de véritables « tableaux » des cinq continents, les Allemands Heidi et Hans-Jürgen Koch présenteront leur travail stupéfiant sur les grands primates, miroirs de nous les hommes, tandis que le National Geographic nous fera rêver dans une grande expédition en Russie sur une biodiversité méconnue.

Parce que le monde de demain devra être fondamentalementdifférent de celui que nous connaissons aujourd’hui, parce que nous devons nous assurer que la notion de durabilité est la base de notre façon de vivre, de diriger nos communautés et d’interagir à une échelle globale, le Festival de la Gacilly se doit en images d’émerveiller, d’interroger et d’éveiller nos consciences.

Cyril Drouhet