Comment lutter contre la puissance de communication de grandes entreprises comme Monsanto ? En employant les mêmes méthodes : le marketing viral. C'est exactement ce qui est en train de se produire, grâce au phénomène de Buzz,  en faveur d'un documentaire sur l'une des multinationales les plus controversées de l'époque, qui sera diffusé sur Arte le 11 mars prochain. Il y a eu les scandales du tabac, de l'amiante, l'alliance des compagnies pétrolières contre l'évidence du changement climatique, et il y aussi tout le domaine de l'agriculture, largement corrompu par cette branche de l'industrie pétrolière que représente la "chimie verte". Monsanto, entreprise crée aux USA en 1901, traine un sulfureux passé de connivences avec des molécules pas toujours très catholiques : aujourd'hui, cette puissante et opaque organisation est spécialiste des pesticides et semences génétiquement modifiées, et excelle dans les opérations de lobbying et jeux d'influence. En réponse à ce professionnalisme, Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, signe un ouvrage qui sort le 6 mars prochain,  accompagné du documentaire sur arte évoqué ci dessus : une parfaite synchronisation pour quelques vérités incomfortables, comme disait un certain Al Gore...

Le monde selon Monsanto : De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien

Fruit d’une enquête exceptionnelle de trois ans sur trois continents,
ce livre reconstitue la genèse d’un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusion avec l’administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu l’un des premiers semenciers de la planète.

Avec 17 500 salariés, un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de dollars en 2006 et une implantation dans quarante-six pays, Monsanto représente le leader mondial des OGM, mais aussi l’une des entreprises les plus controversées de l’histoire industrielle. Production de PCB (polychlorobiphényles, vendus en France sous le nom de pyralène), de polystyrène, d’herbicides dévastateurs (comme l’agent orange pendant la guerre du Viêtnam) ou d’hormones de croissance bovine et laitière (interdites en Europe): depuis sa création, en 1901, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits. Pourtant, aujourd’hui, Monsanto se présente comme une entreprise des « sciences de la vie », récemment convertie aux vertus du développement durable. Grâce à la commercialisation de semences transgéniques, conçues notamment pour résister aux épandages de Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde, elle prétend vouloir faire reculer les limites des écosystèmes pour le bien de l’humanité.

Qu’en est-il exactement ? Quels sont les objectifs de cette entreprise, qui, après avoir longtemps négligé les impacts écologiques et humains de ses activités, s’intéresse tout à coup au problème de la faim dans le monde au point de se donner des allures d’organisation humanitaire ?

Fruit d’une enquête exceptionnelle de trois ans qui a conduit Marie-Monique Robin dans trois continents (Amérique du Nord et du Sud, Europe et Asie), ce livre retrace l’histoire fort mal connue de la compagnie de Saint-Louis (Missouri). Il s’appuie sur des documents inédits, mais aussi sur des témoignages de victimes de ses activités toxiques, de scientifiques, de représentants de la société civile, d’avocats, d’hommes politiques, de représentants de la Food and Drug Administration ou de l’Environmental Protection Agency.

en librairies le 6 mars 2008

Une coédition
ARTE éditions / La Découverte
15.5 x 24 cm, 372 pages, 22 €
ISBN : 9-782-84734-466-0
Marie-Monique Robin

Née en 1960, lauréate du Prix Albert-Londres (1995). Journaliste et réalisatrice, elle a réalisé de nombreux documentaires – couronnés par une dizaine de prix internationaux – et reportages tournés en Amérique latine, Afrique, Europe et Asie. Elle est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Escadrons de la mort, l’école française (La Découverte, Paris, 2004) et L’école du soupçon. Les dérives de la lutte contre la pédophilie (La Découverte, Paris, 2006).