Interdiction du purin d’ortie : ce n’est pas une blague ?

Actu 2011 : le ministère autorise la vente du purin d'orties >>

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On croit rêver. Nous apprenons ce matin qu'un décret a été publié le 1er juillet 2006. Son objectif : bannir le purin d'ortie, ni plus ni moins. Apparament, ce n'est pas une blague. L'affaire traine depuis 2002 : une action du directeur départemental de la répression des fraudes du Maine-et-Loire entrainait la mise hors la loi de la vente de purin d’orties ! Depuis juillet 2006, un décret a corsé l'affaire : il est maintenant interdit de communiquer sa recette ! Ce décrêt permet en effet de punir de 75000 euros d'amende " la divulgation " des recettes de produits naturels non-homologués. Objectif : obliger le consommateur à acheter de bons et légaux produits phytosanitaires. A quand l'interdiction du compost ?

On pourrait en rire, si le sujet n'était pas réellement pris au sérieux par les services de l’Inspection Nationale des Enquêtes de Concurrence, de Consommation et de Répression des Fraudes et le Service Régional de la Protection des Végétaux de l’Ain. Ces deux services très amicaux se sont rendus chez un promoteur de techniques agricoles alternatives. L'association les Amis de l'Ortie a réagi, sous la plume de Bernard Bertrand, son porte parole. Nous publions ici sa lettre.

Un chroniqueur horticole courageux s’insurgeait, sur France Inter, de la parution imminente d ?un décret (prenant effet en date du 01 juillet 2006), qui l’empêcherait dorénavant de donner à ses auditeurs des recettes leur permettant de traiter naturellement leurs jardins et balcons. Interdit de dire que l’eau chaude est un bon désherbant pour les allées. Interdit de dire que de simples feuilles de fougère éloignent les chenilles des choux. Interdit de donner la recette séculaire d’un extrait d’ortie, appelé purin ! L’information paraissait si énorme que personne n’y a cru ! L’interdiction de fournir, par quelque moyen que ce soit, les recettes pour confectionner des produits naturels non-homologués, le simple fait d’en parler, avait beau être assortie d’une peine 2 ans de prison et 75000 euros d’amende, elle faisait sourire !

Et pourtant l’action menée vendredi dernier conjointement par les services de l’Inspection Nationale des Enquêtes de Concurrence, de Consommation et de Répression des Fraudes et le Service Régional de la Protection des Végétaux de l’Ain chez un promoteur de techniques agricoles alternatives marque un tournant nouveau dans ce que l’on appelle désormais la guerre de l’ortie ! L’intervention des services de l’état s’est conclue par la saisie de cours théoriques (quid de la liberté d’expression et d’enseignement ?), la profération de menaces non dissimulées et l’interdictions de pratiques aussi diverses et incongrues que celles d’aller récolter avec les stagiaires des plantes sauvages dans la nature !

Qu’on se le dise, il est donc bien désormais interdit de faire référence et de transmettre des savoirs et traditions populaires séculaires qui sont pourtant un inaliénable bien commun ! Voilà pourquoi l’Association des Amis de l’ortie souhaite interpeller les pouvoirs publics et sollicite pour cela le soutien des médias concerné par une telle confiscation de nos libertés fondamentales. Comment un décret pourrait-il amputer les citoyens d’un pays de leur mémoire collective ? En vertu de quel principe un décret prive-t-il le citoyen de ses droits démocratiques les plus élémentaires, à savoir celui d’expression, gravement menacé ici, mais aussi celui du choix de cultiver son jardin comme il l’entend ? C’est Voltaire qui doit se retourner dans sa tombe ? Qui a pu initier une telle ineptie législative qui prétend confisquer le savoir des anciens et prône l’inquisition contre les techniques alternatives et naturelles de production, qui jusqu’à preuve du contraire ne sont que bénéfique pour la santé publique ?

Voilà quelques-unes des interrogations soulevées par l’intervention des pouvoirs publics jeudi dernier, qui a n’en pas douter sera la première d’une longue série, si une mobilisation rapide ne vient pas mettre un frein à cette nouvelle vague répressive.

Bernard Bertrand, porte parole de l’association des Amis de l’ortie. Contact : bernard@terran.fr ou 06 33 11 02 08 Dominique Jeannot, président de l’association des Amis de l’Ortie

Lien : éditions Terran (Fondée par Bernard Bertrand)

Extrait de l'article de la loi d'application du décret : loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole.


« Art. L. 253-1. - I. - Sont interdites la mise sur le marché, l'utilisation et la détention par l'utilisateur final des produits phytopharmaceutiques s'ils ne bénéficient pas d'une autorisation de mise sur le marché ou d'une autorisation de distribution pour expérimentation délivrée dans les conditions prévues au présent chapitre.

« L'utilisation des produits mentionnés au premier alinéa dans des conditions autres que celles prévues dans la décision d'autorisation est interdite.

« II. - Au sens du présent chapitre, on entend par :

« 1° Produits phytopharmaceutiques : les préparations contenant une ou plusieurs substances actives et les produits composés en tout ou partie d'organismes génétiquement modifiés présentés sous la forme dans laquelle ils sont livrés à l'utilisateur final, destinés à :

« a) Protéger les végétaux ou produits végétaux contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir leur action ;

« b) Exercer une action sur les processus vitaux des végétaux, dans la mesure où il ne s'agit pas de substances nutritives ;

« c) Assurer la conservation des produits végétaux, à l'exception des substances et produits faisant l'objet d'une réglementation communautaire particulière relative aux agents conservateurs ;

« d) Détruire les végétaux indésirables ;

« e) Détruire des parties de végétaux, freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux ;

« 2° Mise sur le marché : toute remise à titre onéreux ou gratuit autre qu'une remise pour stockage et expédition consécutive en dehors du territoire de la Communauté européenne. L'importation d'un produit phytopharmaceutique constitue une mise sur le marché.

 

16 thoughts on “Interdiction du purin d’ortie : ce n’est pas une blague ?”

  1. L'argent, l'argent, l'argent, tout dans notre societé doit devenir rentable, se vendre, faire du profit, faire grossir le bénéfice de son entreprise, engraisser les actionnaires.Peut être un jour serons nous écouter directement au quotidien par les satellites et notre compte bancaire prélevé à chaque fois que l'on aura dit un mot interdit ou que l'on aura aidé ou sourit à son voisin.
    L'heure est grave citoyen du monde et de la france, divulguons nos savoirs, nos connaissance gratuitement, montons des des réseaux S.E.L (système d'échanges locaux).
    Quand on s'apercevra que l'argent n'est pas nécessaire à la societé,mais que trop endetté (on ne peut pas rendre plus que nous prêtent les banques) et (en tant que citoyen on ne crée pas de monnaie supplémentaire), j'ai bien peur qu'il ne soit trop tard.
    Enfin je reste optimiste sur la prise de conscience de chacun par rapport à la monnaie, l'argent les banques.
    Bonne continuation.
    Eric

  2. Juste pour info, il n'y a pas de décrêt d'application cité ici : "Nous apprenons ce matin qu’un décret a été publié le 1er juillet 2006" n'existe pas. Seules existent des tristes lois comme celle ajoutée en fin d'article.

    En effet, on ne trouve rien de publié au 1er juillet 2006 (qui d'ailleurs est un samedi) à ce propos en France (source: legifrance.gouv.fr). Par contre, le probleme subsiste avec les lois sur les produits phytosanitaires, mais surtout avec leurs applications par les services de l'État... ce qui ne doit rien enlever à la connerie qui nous fait face lorsqu'une histoire telle que celles qui se sont passées en Maine-et-Loire ainsi que dans l'Ain.

    À quand l'interdiction de ne rien mettre sur son lopin de terre ?

  3. Olivier Quirion

    Je ne retrouve pas non plus le décret d'application mais le site de Légifrance confirme bien que la loi est "entrée en vigueur" le 1er juillet 2006.

    Cette incroyable histoire est en tous cas salutaire pour une chose ; nous faire prendre conscience de l'emprise actuelle du système capitaliste sur nos actes quotidiens les plus anodins.

    Raison de plus pour valoriser effectivement les échanges gratuits et mettre en oeuvre toutes les solutions permettant de remplacer ces tristes "lois du marché" au profit de quelques uns par la coopération pour le bonheur et la santée du plus grand nombre.

  4. Patrick MARCIREAU

    Je suis étonné par ces infos ,car j'ai justement été surpris de trover des petits bidons de purin d'ortie en vente au rayon phyto d'une coopérative à côté de chez moi!!!

  5. merci pour l'info, je n'etais pas au courant mais ça ne me dérange pas de braver les interdits en continuant à fabriquer moi meme mon engrais ou mon desherbant; et en fait, plus quelque chose est interdit, plus c'est rigolo, en plus, c'est économique! je ne suis plus à une illégalité près de toute façon.bises

  6. Je viens d'apprendre la nouvelle par un collègue, et j'en suis atterré... a quand la taxe sur la respiration de l'air ? Il faut croire qu'on y arrive. Pendant la guerre il était officiellement interdit d'agir contre l'envahisseur qui s'accordait toute légitimité pour tout. Cela n'a pas empeché certains courages de s'exprimer de manière brillante. Aujourd'hui dans notre monde de diktat economico-policier, le seul moyen d'agir dans l'ombre mais de manière efficace est le bouche a oreille (Internet est en effet l'endroit de libre expression le plus fliqué de la planète, ou l'on peut facilement vous retrouver si vous ne restez pas dans le troupeau ). Personnelement je vais imprimer cet article et en faire une dizaine de photocopies que je vais distribuer a droite et a gauche, en demandant aux destinataires de faire de même(photocop+distribution). Si tout le monde se met a faire du purin d'ortie (perso je ne savais pas que ca existait mais je vais m'y mettre 🙂 ) la loi des imbéciles ne pourra qu'etre caduque... Et peut-etre d'autres à suivre. Il faut juste penser a une chose: que la betise humaine n'a de limite que celle que nous lui fixons. Avec cette loi, une limite est franchie. Agissons maintenant. Au fait, je ne suis membre d'aucun mouvement politique ou ecolo ou autre. Je suis juste revolté de l'exploitation de l'homme par l'homme, et le culot de certains... bonne journée a tous dans ce monde en régression.

  7. Il me semble que les instances européennes avaient à coeur de promouvoir le bio...cf application française dans les CTE ou les CAD, par exemple.
    N'est-il pas possible de faire invalider cette loi inique contre l'information sur le purin d'ortie par l'Europe?...pétition, groupe de pression ou autre moyen ...

  8. Gourmel Michel

    Il est inadmissible de tout privatiser, même le savoir de l'humanité ! C'est cela un genre de rupture comme l’exige Sarko. Rien ne l'arrête lui et ses petits camarades du gouvernement pour voler le patrimoine de l'humanité et le donner à ses copains et coquins... Et en interdire l'utilisation au peuple, sur de mauvais prétextes. D'où la nécessité de Lois ultra-compliquées pour tout cacher, alors qu'ils se disent contre la bureaucratie, ils n'ont jamais autant légiféré que depuis 4 ans comme des fous ! S’il se confirme qu’il n’y a pas de Décret, que ce Décret du 01/07/06 est un mythe, alors la Loi scélérate est inapplicable et ce sont des fonctionnaires trop zélés (au service des multinationales et non du peuple qui les paye) qui ont agi sans Décret, sans Arrêté et sans Circulaire ! Incroyable dans notre administration ! S’ils n’étaient pas au service de l’ultra libéralisme, ils encourraient les sanctions les plus graves, mais dans ce cas là, ils auront sans doute une promotion. Il faut s’y opposer sinon, les ultra-libéraux vont privatiser même l’air qu’on respire.

  9. daniele jacquet

    Etre en colère, c'est la moindre des choses.Jusqu'à interdire des recettes de nos ailleux, même nos gouvernants sont sous le joug de Monsanto???J'ai remarqué effectivement que depuis plusieurs années plusieurs produits entièrement naturels étaient désormais interdits de vente en jardinerie, alors qu'il faut dans l'urgence intercèder (si faire se peut) pour sauver la planèteJe viens de manger une délicieuse soupe d'orties, comme grd mère, je risque prison?si je vous donne la recette? Mobilisons nous, urgence!!!

  10. Un conseil :
    Chaque fois qu'une alerte comme ça est donnée, écrire aux organismes incriminés pour leur demander confirmation de l'information.
    ça a plusieurs avantages :
    - Leur faire savoir qu'on est au courant et que ça nous semble aberrant.
    - Nous informer nous-même par leur réponse ou leur non-réponse.
    - Pouvoir proposer cette action à n'importe qui car ce n'est pas être militant que de s'informer.

  11. Je voudrais savoir ce que je risque en buvant chaque soir une infusion de verveine ,de menthe ou de tilleul.; ai-je le droit de produire du thym ,du persil, du romarin, du laurier, de la sauge,du cerfeuil, etc..que j'utilise en quantité. Je vais perdre le sommeil devant mon indignité de mauvaise citoyenne.
    Allons! Rigolons

  12. je crois que nous tombons tous dans le panneau avec ce procedé d'interdiction (divulgation de recette /utilisation ou autre...)rappelez vous l'introduction de la pomme de terre !!! ce champ de patates si bien gardé que les gardes devaient SURTOUT ne pas voir les baptisés "voleurs" etre utilsés comme colporteurs de cette racine """l'interdiction le moyen le plus sur de faire connaitre ou faire faire """ etes vous d'accord ?? A tous.

  13. On a peut-être échappé à cette interdiction mais il en est une aussi importante qui est celle de reproduire ses semences !!!!! La main mise des industriels sur le monde est inacceptable.
    C'est comme cela que les paysans des pays pauvres se voient acculés à la faillite et au suicide. Il faut que le monde revienne à la raison avant la catastrophe.

  14. Striberni JJ

    N'êtes vous pas impressionnés par le silence étourdissant des personnalités politiques soit-disantes ECOLO ?

  15. je veux bien avoir la recette merci et a bientot
    j'ai rtouver du purin d'ortie et autres concourde prele et la suite

  16. Patrice Leroux

    Dsl je découvre avec 10 ans de retard cette info. Mais je crains que vous ne l'ayez mal lue. En effet cette interdiction, si j'ai bien compris porte sur : "les préparations contenant une ou plusieurs substances actives et les produits composés en tout ou partie d'organismes génétiquement modifiés". Ca concerne les OGM. Donc je vois pas pourquoi tout ce tintamarre. Ou alors je sais pas lire !!!

Commentaires

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