Après avoir lancé, au cours de la dernière présidentielle, la mode du grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot lancera –t-il avec succès la mode du renoncement ? Matérialisme, consommation,  gaspillage, tels sont les maux biens réels que notre pays découvrira en cinéma, tel un miroir, avec la sortie demain en salles du documentaire le « Syndrome du Titanic », homonyme d’un essai publié il y a quelques années. Ce film n’en est pas un de plus sur le changement climatique : celui ci se focalise sur les excès d’un système dépendant exclusivement sur la croissance exponentielle des flux énergétiques. Conséquence : la crise écologique aggrave la crise sociale, et vice versa. Complétant efficacement le travail de la Fondation Nicolas Hulot, le discours ne se veut pas radical car selon son initiateur, c’est la situation qui est radicale.

Se fixer des limites avant que la planète ne nous les impose

Réconcilier avenir et progrès : tel est le pari de l’optimiste Nicolas Hulot, devenu pessimiste, de force. Réhabiliter la puissance publique en renforçant la démocratie, Nicolas Hulot n’est pas en manque de pistes. Réglementation, législation, en un mot : modération.

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La voici enfin : l’adaptation cinématographique du livre du Nicolas Hulot,  écho francophone au succès planétaire du film d’Al Gore, continuation d’un travail déjà largement entamé, est annoncée pour Cannes 2009. C’est l’hebdomadaire Terra Economica qui publie l’information avec une interview où Nicolas Hulot pousse un nouveau coup de gueule dont la pertinence fera bouillir de rage ses nombreux détracteurs. Et ce que l’on retient du message que l’homme souhaite délivrer aujourd’hui, c’est une impatience croissante face à une question désormais largement médiatisée, mais selon un mode trop doux, pas assez radical: « Je déplore l’abus que l’on fait du terme « développement durable. J’ai parfois l’impression qu’il ne s’agit plus que d’une camomille mielleuse destinée à nous faire ingérer nos excès« , explique-t-il dans cet entretien.  »Quand j’entends qu’on veut installer un circuit de Formule 1 +durable+ à proximité de Paris, j’ai un peu la nausée« , ajoute-t-il.. Nicolas Hulot apelle en effet à un bouleversement de nos habitudes de consommation, bouleversement qu’ici sur ecolopop nous essayons d’anticiper de manière optimiste. Nioclas Hulot prend ainsi partie pour l’instauration de taxes écologiques, comme la fameuse taxe Borloo, qui fait encore tant débat alors que de nombreux commentateurs, comme le plus célèbre d’entre eux, Jancovici, s’accordent à retenir cette solution comme seule possibilité d’anticiper correctement les chocs à venir.


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Le film d’Al Gore, Inconvenient Truth, était il assez effrayant pour convaincre les politiques ? L’homme, récompensé par le prix Nobel, a eu le mérite de mettre au grand jour le péril écologique que les scientifiques ont encore évoqué la semaine dernière à Copenhague. Mais il restera, comme avec Nicolas Hulot et son implication dans la présidentielle, un arrière gout de mal digéré : en France, le Grenelle de l’Environnement a peut-être soulevé quelques problématiques intéressantes, et de nouvelles lois donneront sans aucun doute  des incitations sérieuses aux bonnes volontés. Mais le problème de fond n’es pas résolu, et notre civilisation de « drogués au pétrole », que dénonce avec force le polytechnicien Jancovici, n’est pas prête à mettre un coup d’arrêt à ce désir de croissance qui pourrit les ambitions des plus modestes défenseurs de ce qui reste de lucidité.

Lucidité ou stupidité, telle est la question.

Le film « The Age of Stupid » (« L’ère de la stupidité »), qui aborde la question du changement climatique et de notre absence de réaction, a été présenté samedi  dans un chapiteau fonctionnant à l’énergie solaire et retransmis par satellite dans 70 cinémas du pays.   Les organisateurs de cet évènement comptaient sur 16.000 personnes pour assister à cette première, mais ont volontairement découragé tous ceux qui auraient voulu venir à Londres pour le voir, afin de réduire la pollution que causerait leur déplacement.

L’acteur principal, Pete Postlethwaite est arrivé à bord d’une voiture solaire pour cette première à laquelle assistaient également l’actrice Gillian Anderson, la styliste Vivienne Westwood -venue à vélo- et le ministre britannique de l’Energie et du Changement climatique Ed Miliband.  Dans ce film Pete Postlethwaite joue le rôle d’un vieil homme vivant seul en 2055, regardant des images d’archives datant de 2008 et se demandant pourquoi personne n’a agi pour arrêter le changement climatique. La réalisation de ce film qui sera présenté le 20 mars a duré trois ans et demi avec un budget de seulement 500.000 euros provenant d’investisseurs individuels.

Lien : The Age of Stupid


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