Pour une fois, on ne pourra pas (officiellement)  mettre en cause les grandes compagnies pétrolières dans un déni continu de l’objectivité scientifique. Car c’est un fait : ces temps-ci,  la France est bien représentée, dans le camps des négationnistes du réchauffement d’origine provoqué par les activités humaines. La thèse du GIEC, approuvée par son cortège de plusieurs centaines de climatologues et scientifiques de tous pays, est sans arrêt dénoncée, par les lobbies du pétrole d’une part, mais aussi par une bande de très émérites scientifiques français, tous proches de Claude Allègre, célèbre pour ses prises de positions ambigues, et pour les erreurs criantes qui vont avec. Nous l’admettons une fois de plus, c’est  difficile à croire : plus que jamais la Terre est RONDE !! Cette semaine, le site REALCLIMATE, qui a pour ambition de mettre à disposition du public des éléments sérieux de discussion scientifique sur le sujet, fait la une des médias pour son démontage rigoureux des arguments négationnistes  accompagnant une publication de  Vincent Courtillot et Jean-Louis Le Mouël, proches de Claude Allègre. La cause est trop grave pour être abordée sous l’angle de la supercherie : OUI,  il est nécéssaire de poursuivre, indépendamment du GIEC et inévitables mesures politico-civilisationnelles qui s’imposent, le débat sur le réchauffement climatique et la part de l’homme dans cet évènement rapide et irréversible. Mais ce débat sur le long terme doit se poursuivre sans ces escrocs dont on ignore les motivations réelles. Extraits.

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homodisparitus.jpgAdieu l’humanité ? L’homme court à sa perte ? On peut le croire, si l’on en juge par la course suicidaire du progrès moderne, paradoxalement héritée d’un certain épicurisme que l’on éprouvait à pleines dents dès Louis 15, qui selon la légende, n’hésitait pas à proclamer, dansant le menuet : “après moi le déluge“. Quelques siècles plus tard, cette maxime devenue célèbre semble se prophétiser : il faut l’avouer, la situation contemporaine est intéressante et vive de promesses . Alors qu’un consensus international scientique sonne l’alarme depuis plusieurs années, mettant en garde l’ensemble de l’humanité contre les effets du réchauffement climatique, on ne réagit pas. Que se passe-t-il ? dans les années 80, la mise en évidence du trou dans la couche d’ozone atmosphérique avait déclenché une réaction internationale parfaitement orchestrée qui avait abouti à l’interdiction des gaz responsables, les CFC. Un bel exemple de mobilisation salvatrice. Mais aujourd’hui, il faut l’admettre, malgré les prévisions les plus alarmistes, l’humanité poursuit sa route, telle une voiture lancée à toute allure dans la nuit noire. Comme le disait Jacques Attali, la moindre des précautions serait d’allumer les phares … Selon une étude publiée aux USA dans la revue “Proceedings of the National Academy of Sciences” et menée par Mike Raupach(1) de l’Organisation pour la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) Marine and Atmospheric Research and the Global Carbon Project), les rejets de Gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, sont en forte augmentation depuis 2000. Ces constatations confirment les pires prévisions du IPCC (GIEC), et valident ses modèles les plus catastrophiques.

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C’est à Modbury, dans le Devon, qu’une activiste déterminée a réussi à convaincre les autorités locales, en partenariat avec les 43 commerces, de bannir complètement les sacs plastiques. Rebecca Hosking, cheville ouvrière du projet, n’en revient toujours pas : l’exemple est en train de faire mouche, mais le processus n’est pas sans difficulté. Avec plus de 800 emails par jour, elle doit répondre aux nombreuses questions que se posent les candidats à ce nouveau genre d’activisme : convaincre les commerçants, ca commence d’abord par de longues discussions et analyses sur le comportement des clients, l’usage qu’ils ont du fameux sac jetable, et les meilleures façons de continuer à vivre normalement, sans. Simple ? Pas vraiment. Comme tous les changements profonds que la civilisation moderne devra aborder face à la crise environnementale, l’abandon de cet objet couteux, inutile mais considéré comme économiquement rentable ne se fait pas du jour au lendemain.


Nous nous intéressions, il y a quelque temps, aux extraordinaires connaissances des peuples premiers, dont Jean Patrick Costa, ethnopharmacien, nous rendait compte au détour de son engagement pour la sauvegarde des forêts d’Equateur. Une émission de France Inter, avec en vedette Jérémie Deravin, cofondateur de commerceequitable.com et Francis Hallé, auteur du magistral Plaidoyer pour l’arbre (Editions Actes Sud), nous rappelait ce dimanche aux enthousiasmes de cette formidable époque que nous vivons : la science occidentale est-elle en train d’accéder aux connaissances ancestrales des peuples qui ont su garder avec leur environnement une relation durable, respectueuse, vivable ?

LIRE LA SUITE : Musiques et plantes : le chaman et la science


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Peu à peu, l’évidence s’impose :  l’urgence est là. Quand un quotidien comme Le Monde relate les derniers débats sur l’origine humaine du réchauffement climatique, il n’y va plus de main morte. Les ‘négationnistes’, emmenés par Claude Allègre, auront du mal à défendre leurs arguments, après cet échange d’arguments “scientifiques”, qui eut lieu à l’Académie Française, le 13 mars dernier. Article de Stéphane Fouchart (Le Monde du 14/03), démonstration de Hervé Le Treut..

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Finalement, rien ne change, c’est toujours la même histoire. Tandis que Philippe de Villiers, ce matin sur France Inter, récupérait à son compte les victoires des apiculteurs contre les industriels (lire à ce sujet notre article : 15milliards de dollars), c’est plus au Sud, à Villeneuve Sur Lot, que se déroule un nouvel épisode du sanglant combat de l’état français -et ses financeurs, les grosses compagnies pétrolières- contre les initiatives “libératrices”. C’est en effet la mairie de cette commune, située à mi-chemin entre les cépages bordelais et les chaleurs toulousaines, qui tient tête à l’effrayant arsenal judiciaire de l’état et des douanes, qui tentent d’interrompre une amorce de révolution : la communauté de communes expérimente, depuis fin 2005, l’utilisation d’huiles végétales (biodiesel) en remplacement des diesels à base de pétrole, pour alimenter la flotte de camions-poubelles (10 camions de collecte des ordures ménagères, ainsi que 7 véhicules municipaux). Avec pour objectif de démontrer les avantages de ces huiles : moins polluantes, elles réduisent la dépendance à l’égard du pétrole, génératrice de gaz à effets de serre et d’une dépendance dangereuse à cette source épuisable. La réponse de l’état ne s’était pas faite attendre : “Le gouvernement souhaite mettre un terme à l’expérimentation de la CCV” affirmait la semaine dernière un communiqué publié sur le site de la communauté de communes. Après de nombreux rebondissements judiciaires, initiés par le représentant de l’état, le Préfet, c’est maintenant le gouvernement lui-même qui annonce son intention d’utiliser le Conseil Constitutionnel pour justifier l’interdiction de l’utilisation d’huiles végétales pures par les véhicules communaux. La situation est complexe, et se comprend mieux en analysant les fiscalités imposées par l’état : la TVA est de 19,6% sur les produits pétroliers, et 5.5% sur les produits d’origine agricole. Selon le quotidien Libération,  L’état souhaite appliquer aux huiles végétales brutes la TVA des produits pétroliers : en ces temps où les vaches sont devenues carnivores, ce n’est qu’une contradiction de plus d’un appareil technocratique qui n’en finit pas de tout faire pour retarder l’imminence de sa disparition inéluctable..


Il y des voix qui comptent, qui sont écoutées. C’est Alain Finkielkraut qui s’exprime ainsi dans une interview. Il en profite pour démentir les assertions du Canard Enchainé, qui imagine l’intellectuel en soutien à Nicolas Sarkozy. L’autre extrême d’un échiquier politique totalement délabré n’est pas non plus à l’abris de quelques vérités aveuglantes : “Je constate que le Parti socialiste est dans le coma“. Que lui reste-t-il ? Alain Finkelkraut aurait aimé voir Nicolas Hulot se présenter. Car la lucidité de l’intellectuel, évidemment, ne s’arrête pas à la sphère politique : “nous vivons une sorte de désastre“, explique-t-il. “Je pense que l’école est dans un état désastreux, je pense que la morale civique est dans un état désastreux, je pense que la montée des incivilités a pris des proportions absolument épouvantables“, détaille-t-il. “L’écologie exige de nous que nous changions“, conclut-il.

Enfin l’intellectuel prend la mesure du problème écologique : “Si je suis poussé dans mes retranchements, alors oui je nommerai François Bayrou, je nommerai Nicolas Sarkozy et peut-être également” sous certaines réserves “Dominique Voynet (…). Mais j’aurais préféré une candidature de Nicolas Hulot“.

Nicolas Hulot, quand à lui, poursuit son oeuvre. Aujourd’hui, après avoir poussé les politiques à signer son pacte, il réussit à convaincre de nombreux chefs d’entreprise : Thomas Chaudron, le président du Centre des jeunes dirigeants d’entreprise, et Geoffroy Roux de Bézieux, qui préside Croissance Plus, une association patronale, sont déjà répertoriés parmi les 500 000 signataires du Pacte Ecologique. Il y a quelques jours, c’est Henri Lachman, le président de Schneider Electric, qui a décidé de s’engager à son tour en faveur du pacte. ” Ma démarche implique mon entreprise, qui a déjà inscrit, dans une charte s’imposant à tous les salariés, le principe du développement durable de la préservation des ressources de la planète“, précise M. Lachman. “Les entreprises doivent se soucier de l’écologie et de l’avenir des sociétés dans lesquelles elles évoluent, poursuit-il, j’invite tous les patrons à signer ce pacte“.

Pierre Richard, le président du conseil d’administration de Dexia, vient lui aussi de s’engager aux côtés de M. Hulot, comme l’a révélé Newsteam, une agence d’informations sur le développement durable, le 2 février. “L’idée m’a séduit d’emblée, je suis un militant écologiste depuis plus de trente ans, explique M. Richard, c’est l’esprit que j’ai insufflé au groupe que j’ai créé, Dexia, devenu le premier banquier du développement durable en France, à travers le financement d’éoliennes, de centrales thermiques ou de bâtiments à haute qualité environnementale.

Source : Le Monde , articles du 6 janvier 2007

  • Des chefs d’entreprise signent, à leur tour, le pacte écologique de Nicolas Hulot (Anne Michel et Isabelle Rey-Lefebvre)
  • Alain Finkielkraut se dit “atterré par l’état actuel de la gauche” (AFP)

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