
La recherche avance. Il y a quelques temps au Portugal on annonçait de faramineux progrès en matière de rendement photovoltaïque. Mais jusqu’à peu, le tarif de 15cts de dollars le Kwh, presque compétitif avec le charbon (7cts $), ne s’obtenait qu’avec la concentration thermique du soleil dans des centrales d’eau chaude. L’innovation de Sunrgi, entreprise basée au célèbre Sunset Boulevard d’Hollywood, annonce le dépot de brevets pour une nouvelle technologie photovoltaïque, qui permet d’envisager un cout de l’ordre de 5cts $ du KWH. Ce serait la fin du charbon !! La technologie, simple a priori, consiste à concentrer (1600 fois) les rayons du solaire grâce à un prisme spécifique, au point d’obtenir un rendement de 37% d’énergie solaire transformée en électricité. Seul problème, résolu par les chercheurs : il faut refroidir tout ça, les températures au point de concentration pouvant atteindre plusieurs milliers de degrés farenheit. Encore quelques mois et la société promet de commercialiser cette révolutionnaire invention. Reste à connaître le prix de la fabrication en grandes séries.

Pour ceux qui n’ont pas reçu notre lettre d’info de cette semaine, en voici les quelques lignes, commentées de nouvelles remarques. Vous l’avez compris, l’actualité s’est accélérée : depuis plusieurs années, ecolopop développe une analyse souvent très partisane, centrée sur l’imminence probable d’un choc pétrolier qui pourrait très bien être le dernier de tous les temps, et dont les conséquences vont affecter tous les rouages de la civilisation occidentale. Aujourd’hui, heureusement (pour nous les sensibles, écologistes et quelques scientifiques) ou malheureusement (pour nous les riches, véhiculés, télévisés, modernes), l’évidence durcit son verdict, avec un baril qui se ballade de record en record (123$ ce jour). Comme le dit Richard Heinberg, IT’S HAPPENING. Au fil des billets, nous vous avons fait découvrir de nombreux autres spécialistes de la question, parmi lesquels Matthew Simmons, JH Kunstler, David Strahan, Colin Campbell, qui tous ont cette particularité étrange de s’intéresser précisément à cette hasardeuse question de l’imminence du Peak Oil que nous avons suivi depuis l’ouverture du blog… Gardons nous toutefois de quelque triomphalisme.
Desespoir ou délivrance ?
Premièrement, la cure de désintoxication, si elle s’avère bonne pour la planète, présente à court terme de tristes perspectives. Pour le plus grand nombre d’entre nous, la pénurie de pétrole, c’est pas très joyeux : il faut s’attendre à des mois difficiles si le choc se durcit, ce qui est envisageable. A contrario, on peut se tromper (ce serait dommage pour la planète) : il reste toujours de nombreux et très sérieux commentateurs défendant les thèses d’un choc temporaire, étayé par les abondantes réserves de pétrole bitumeux du Canada notamment. Il y a presque un an, les éditos du magazine économique Challenges développaient une série d’articles avec en couverture un titre moqueur : “le mythe de la pénurie“. On y lisait notamment “La peur de manquer de pétrole ne date pas d’hier ! Dès 1920, les premières Cassandre se sont fait entendre. Les réserves prouvées de l’époque permettaient d’atteindre péniblement 1950. Entre-temps, la consommation a été multipliée par plus de 40 ! ”
Ce qui était vrai il y a an l’est encore aujourd’hui. Il y a plein de raisons “d’esperer ” (il y a encore plein de pétrole) et quelques unes de “s’inquiéter” (y’a plus). Le verre est il à moitié vide ou à moitié plein ? A ecolopop, nous nous sommes fait une spécialité de l’actualité environnementale, qui de toute façon à terme devra bien se raccrocher avec le seul avenir possible, qu’un simple mot résume : sobriété.
La Lettre du 1er mai
L’actualité s’est accélérée ce mois avec une avalanche de confirmations d’une réalité géologique qui se durcit de jour en jour : la production de pétrole ne suit plus la demande, les prix se sont envolés entre 115 et 120 dollars le baril. Parallèllement, la facture alimentaire s’est alourdie au point de mettre en péril la paix civile dans de nombreuses régions du monde. Mais heureusement la prise de conscience est à la hauteur de ces défis : l’hebdomadaire Newsweek <http://www.ecolopop.info/article/newsweek-cover-whos-the-greenest-of-them-all> fait le point cette semaine sur les avancées en matière d’écologie, science qui est passée d’un état de loisir confidentiel à celui d’enjeu planétaire du 21e siècle.
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Voir aussi : lettre, peak, petrole
Dans l’ultime quête énergétique que poursuit actuellement notre civilisation assoiffée, de nombreux écologistes, comme le très sérieux James Lovelock, affirment très clairement leur préférence pour le recours à l’énergie nucléaire, l’une des plus propres en termes d’émissions de CO2. Leur raisonnement, soutenu par le principal argument d’une énergie produisant d’extraordinaires rendements, est toutefois régulièrement battu en brèche par d’autres écologistes qui mettent en avant le problème de déchets, entre autres. Et depuis quelques jours, un nouvel argument vient taper droit au coeur, sur le problème du CO2 que soi disant le nucléaire aurait permis de résoudre. Une étude australienne vient de démontrer que l’extraction du minerai d’uranium est de plus en plus couteuse. Tout comme pour le pétrole, l’uranium est épuisable et les gros filons du nucléaire seraient déjà exploités avec perspective de déclin des possibilités d’extraction à moyen terme.
LIRE LA SUITE : Energie nucléaire, pas si simple

Le succès du Velib fait des envieux, et pas uniquement sur le principe : c’est le modèle économique engagé par la Mairie de Paris qui va être appliqué à Washington. Basé sur la collaboration entre un professionnel de l’affichage public et les services municipaux, le système du Velib a permis à moindre frais pour le contribuable l’installation de 14000 bicyclettes ouvertes à la location. A Washington, on est moins ambitieux (120 vélos disponibles d’ici un mois), mais c’est une première aux USA, plus gros consommateur de bagnoles de la planète, faut il le rappeler.
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Jusqu’à il y a peu, le discours officiel des dirigeants du plus gros producteur d’or noir de la planète tenait en ces quelques principes : ne vous inquiétez pas pour la resource, on en a pour 20 ans. Mais depuis que les prix montent en flèche, et que l’OPEP malgré ses rassurantes incantations n’arrive pas à calmer les marchés, les langues se délient, au plus haut niveau. C’est en effet le roi Abdullah, qui trône sur l’Arabie Saoudite, qui vient de révéler l’existence de champs pétroliers qu’il souhaite ne pas exploiter, afin de préserver la resource pour l’avenir. Et ce malgré les misérables appels répétés de George Bush représentant la fière Amérique. Voilà enfin, après plusieurs décénnies de surconsommation effrenie, un premier espoir de modération venant de la source. Lisez le en VO (source : Saudi Press Agency) : “I keep no secret from you that when there were some new finds, I told them, ‘no, leave it in the ground, with grace from god, our children need it’,” King Abdullah said in remarks made late on Saturday.
Les solutions écologiques pour se déplacer commencent à se développer. En dehors des transports en commun, bus ou tram, il existe des formules de co-voiturage dont nous avions parlé précédemment, voici désormais i-marguerite,  une solution d’auto-partage.
LIRE LA SUITE : i-marguerite, solution d’autopartage
Souvenez vous, il y a plus d’une dizaine d’années, les premières peugeot electriques démarraient à La Rochelle. C’était en 1993 et déjà l’opération paraissait prometteuse. Force est de constater qu’en 2008, le sursaut promis alors par la voiture électrique n’a pas encore fait le tour du circuit, la seule évolution notable en matière d’évolution énergétique sur les 20 dernières années tenant dans la conquête du marché des véhicules particuliers par les moteurs diesels. Et pourtant, la technologie electrique a continué son chemin, confidentiellement certes, mais en suivant les modèles : le Berlingo, célèbre et désormais presque mythique utilitaire des années 2000, lui aussi a eu sa version électrique. Le modèle a même beaucoup de fans outre manche, où l’on trouve de nombreux sites (*)consacrés à cette version un peu moins gourmande de la tonne d’acier roulant. Le modèle évidemment n’a pas été produit en grandes séries mais il semble que l’on puisse en trouver, à l’occasion, sur EBAY.
Mais l’affaire n’est pas pour autant terminée, et les amateurs auront peut etre bientôt de quoi se réjouir. La Poste, qui s’est déjà affirmée en choisissant du coton équitable pour habiller ses facteurs, lançait il y a un an un appel d’offres pour la fourniture de 10000 véhicules électriques. Ajourd’hui, Peugeot-Citroen fait partie des 2 constructeurs toujours dans la bataille pour ce marché stimulant.
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