carottes tordues, pan pan cul cul
Heureusement que Bercy (le ministère) veille au grain. C’est la dépêche du midi qui relate l’affaire : Jean Marc Gilly, maraîcher, a reçu ce 24 décembre un courrier de la fameuse DGCCRF (Repression des Fraudes), mettant en cause ses légumes « non conformes ».  Pratiquant une production exempte de traitements phytosanitaires sur des variétés de légumes  originales, l’EARL de Tissandier dont M.Gilly est le  gérant s’est mise dans une position délicate vis à vis de l’implacable administration, dont les fonctionnaires n’ont surement pas d’autres chats à fouetter.  Présent sur le marché,  un agent avait  relevé, à plusieurs reprises, d’ inadmissibles infractions à la législation. Attention, on est pas loin du trafic de drogue ou de produits contrefaits !!
« Ce contrôleur voulait m’obliger à retirer de la vente mes carottes de variétés Colmar qui sont déjà tordues d’avance et qui étaient de surcroît mangées par mulots, taupins et autres bestioles... », relate Jean-Marc Gilly qui met un point  d’honneur à ne pas traiter ses productions et assume l’altération de l’aspect visuel de ses carottes.
« Cet été, on m’a reproché des tomates cÅ“ur de bÅ“uf fendues. Chez moi, on peut trouver des fraises un peu noires. C’est un choix, le client le sait, et on est parvenu à se faire une clientèle avec ces orientations de production« , témoigne le producteur qui n’a pas l’intention de céder. « On dit souvent que le client est roi, c’est à lui de choisir et c’est ce qu’il fait. Si je suis réellement sanctionné, je n’en resterai pas là . »
Difficile à croire : toujours selon la dépêche du midi, il est reproché à l’agriculteur d’indiquer clairement la provenance de sa production. On nage en plein délire, mais on n’est pas surpris : en novembre 2008, la France avait été l’un des seuls pays européens à s’opposer à l’abrogation de stupides normes de commercialisation pour une vingtaine de produits maraîchers, qui excluaient de fait de nombreux produits cultivés naturellement. Affligeante administration.
Il y en a au moins un qui suit au parlement : rendu public cette semaine, le rapport parlementaire rédigé par les députés Claude Birraux et Christian Bataille, intitulé « La performance énergétique des bâtiments : comment moduler la règle pour mieux atteindre les objectifs« , semble amorcer un pernicieux lobbying de développement de la consommation électrique, pendant que d’autres s’esquintent à essayer par tous les moyens de  la réduire. Sous couvert de réglementation thermique, ce rapport parlementaire préconise notamment  : « La nouvelle réglementation thermique doit prévoir l’existence obligatoire de l’un ou l’autre de ces systèmes de climatisation active, dans tous les bâtiments effectivement occupés au cÅ“ur de l’été.«
Le député Verts Yves Cochet a réagi dans un communique, affirmant que « le lobby électro-nucléaire » était en train de « saboter le Grenelle de l’environnement » à l’Assemblée nationale. Ll’élu écologiste de Paris déplore les conclusions, au moment du sommet de Copenhague sur le climat, de ce  rapport parlementaire : elles sont selon lui  »en contradiction avec l’esprit et la lettre du Grenelle de l’environnement [...] Ces recommandations aboutissent à éliminer toutes les filières technologiques à l’exception d’une seule: celle des pompes à chaleur électriques ».
Yves Cochet « condamne ce rapport favorable au lobby électro-nucléaire et demande l’application des principes énoncés lors du Grenelle de l’environnement, donnant la priorité à la réduction des consommations d’énergie et au développement des énergies renouvelables ».
Alors que le Syndicat des Energies Renouvelables annonçait dans sa note trimestrielle un bilan à la hausse de la production photovoltaique en France (elle a triplé au cours de l’année passée), le cabinet Cap Gemini, par la voix de son Observatoire européen des marchés de l’énergie, décrit un bilan à la baisse de la consommation globale d’électricité en Europe. C’est même une première depuis 1945 !
LIRE LA SUITE : 2009: baisse de la consommation d’électricité
Alors que l’agriculture conventionnelle a de plus en plus de mal à faire vivre ses agriculteurs, sa cousine biologique, de son coté, souffre d’un déficit de producteurs : En dépit d’une consommation alimentaire globale qui ne progressera que modestement (+0,8% en 2012), la croissance du bio, après un ralentissement en 2009, s’élèvera à 8% à horizon 2012, selon les estimations de l’étude  étude publiée par la cabinet Precepta, et rapportée par l’AFP. Cette étude met en évidence une tendance lourde : l’alimentation bio va poursuivre sa croissance avec des ventes estimées à près de 3,7 milliards d’euros en France en 2012 (2.5% de la consommation alimentaire des ménages) à comparer aux 1,81 milliard d’euros dépensés en 2006 par les ménages.  L’ approvisionnement en produits biologiques, pourtant, restera  toujours insuffisant pour couvrir la demande.
LIRE LA SUITE : Agriculteurs : A quand le virage bio

Effet de dominos ? Baisse des cours du pétrole, montée du chômage, et … baisse des coupes d’arbres au Brésil :  La déforestation en Amazonie a baissé de 46% en un an, selon les derniers chiffres diffusés par l’Institut brésilien des études spéciales (INPE), commentés ce jour par l’AFP. Entre août 2008 et juillet 2009, ce sont effet 4.375 km2 de forêt qui ont été déboisés, contre 8.139 km2 entre août 2007 et juillet 2008.
Le ministre brésilien de l’Environnement Carlos Minc s’est félicité mercredi des chiffres de l’année écoulée, qui devraient être, selon lui, « les plus bas en vingt ans ».
Cependant, en juin et juillet le rythme des déboisements est reparti à la hausse. En juillet, 836 km2 de forêt ont encore été dévastés –soit une superficie équivalente à la moitié de la ville de Sao Paulo– mais cela représente « une chute de 56% par rapport à la moyenne des mois de juillet depuis 2004″, a souligné le ministre.
Les chiffres préliminaires présentés mardi par l’INPE ont été obtenus grâce à un système qui utilise des images de basse résolution couvrant uniquement les zones de plus de 25 hectares. Les chiffres définitifs seront établis en fin d’année grâce au système Prodes qui utilise des images plus précises.
Voir aussi : amazonie, forets
A 100 jours du début de la Conférence de Copenhague, Jean-Louis BORLOO, Ministre du Développement durable lance un site Internet pour sensibiliser les Français aux enjeux de ce grand rendez-vous international sur le climat qui se déroulera du 5 au 18 décembre.
« En décembre 2009, à Copenhague, tous les pays devront s’engager sur des objectifs précis et contraignants de réduction de leurs émissions de CO2.Copenhague, c’est le rendez-vous de la dernière chance.C’est aussi une question de survie : si nous ne parvenons pas à un accord, nous allons vers des bouleversements majeurs et irréversibles. Nous pouvons encore inverser la tendance en construisant un nouveau modèle de croissance plus sobre en carbone et en énergie » précise Jean-Louis BORLOO.
« Présent à COPENHAGUE pour l’avenir »
le site www.copenhague.developpement-durable.gouv.fr proposera chaque jour aux internautes de retrouver des interviews d’experts, des informations sur les bonnes pratiques en France et en Europe, sur la coopération internationale française, des chiffres clés sur le climat, un agenda des prochaines étapes et des informations sur l’avancée des négociations d’ici Copenhague…
Damien Perrotin, chargé de mission auprès du groupe  Alternatif-UDB (Union Démocratique Bretonne) , publie sur son blog un article prospectif dans lequel il imagine ( souhaite ? ) , à moyen terme, l’affaiblissement des grands états nations sous l’effet de la raréfaction des énergies primaires. Quelle organisation sociale prendra la place laissée vacante ? Il illustre son point de vue par l’exemple breton : ici la culture, notamment musicale, malgré sa récente reconfiguration (la création des bagadou sur le modèle des pipe bands date d’à peine 50 ans) dans la vie publique après l’effondrement des sociétés paysannes traditionnelles, et son évolution permanente vers des formes plus modernes,  pourrait selon le blogger cimenter ce nationalisme doux où la force n’a pas lieu d’être dans l’affirmation d’un esprit communautaire qui prendrait la place des états en faillite. Son article a été repris par Energybulletin, revue de resse internationale sur l’énergie. Lire : Peak Energy and cultural fragmentation
