Comme tous les ans désormais, le vote Pinocchio, censé dénoncer les pires tentatives de greenwashing,  a eu lieu et a désigné 3 vainqueurs : les internautes ont voté et on désigné ... le groupe Bolloré  dans la catégorie « droits humains » (le même qui travaille sur la Blue Car dont vous faisons régulièrement l'apologie), Total dans la catégorie « environnement » et EDF dans la catégorie « greenwashing ». Ce dernier,  en effet, fait fort : sa récente campagne de communication « Changer d’énergie ensemble » a coûté plus cher que les dépenses du groupe en recherche et développement dans les énergies renouvelables !  Ces dernières ne représentent elles-mêmes qu’une part infime du chiffre d’affaires du groupe par rapport au nucléaire.

Dans la catégorie « droits humains », c’est le groupe Bolloré qui a reçu le prix avec 35 % des votes pour les conditions de travail déplorables des travailleurs dans les plantations d’huile de palme de sa filiale Socapalm (Cameroun), dont elle est actionnaire majoritaire.  Le groupe Total a quant à lui reçu le prix Pinocchio dans la catégorie « environnement » avec 29 % des votes de cette même catégorie. Les internautes condamnent la multinationale française pour son implication dans le méga-projet pétrolier Kashagan (Kazakhstan), qui s’annonce comme une catastrophe environnementale et sanitaire. Ce cas illustre le double discours du groupe qui, loin de l’image moderne et éthique qu’il cherche désespérément à se donner, continue à investir massivement dans des projets fossiles polluants et archaïques.

Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, « malgré les beaux discours, les multinationales continuent à faire ce qu’elles veulent sans être inquiétées, en s’en tenant à des accords volontaires dont l’inefficacité est flagrante. Dans la crise systémique actuelle, il est plus que jamais temps que les décideurs prennent leurs responsabilités et mettent enfin en place des lois contraignantes. Il n’est plus admissible que les intérêts privés des multinationales continuent à primer sur l’intérêt général, l’avenir de la planète et le bien-être de ses habitants ».

En savoir plus : http://www.prix-pinocchio.org/