Vancouver, Canada : un paradoxe américain

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005.JPGC'est donc de Vancouver, joyau de l'ouest Canadien, que nous inaugurons notre nouvelle rubrique récit de voyage, à laquelle vous pouvez dès à présent participer. Comme vous pouvez vous l'imaginer, quinze jours d'immersion sont un bien rapide clin d'oeil sur une cité qui se construit à toute vitesse, parfait miroir de l'Amérique, avec toutefois une personnalité unique, dans laquelle les nombreux peuples autochtones, présents en Amérique du Nord depuis plus de 10000 ans, témoignent d'une vigueur rafraichissante, travaillant à surmonter l'épreuve du déracinement et retrouver la dignité -et les terres- de leurs ancêtres : il y a 150 ans, ce qui est aujourd'hui l'agglomération de Vancouver (2 millions d'habitants) était encore une vallée boisée peuplée de quelques milliers de Coast Salish, terme générique regroupant 3 nations autochtones (Musqueam, Squamish, Tsleil-Waututh) qui vivaient alors sur les cotes au pied des montagnes qui accueilleront, en 2010, les jeux olympiques d'hiver. Ne vous attendez pas ici à une rigoureuse analyse du mode de vie des habitants de Colombie Britannique, province occidentale du Canada, territoire grand comme la France peuplé de seulement 4 à 5 millions d'habitants : à Vancouver, la diversité ethnique est l'une des plus fortes au monde, et plusieurs dizaines de nationalités y vivent en toute harmonie. En moins de 2 semaines, nous avons croisé Chinois, Philippins, Iraniens, Israeliens, Pakistanais, Grecs, Allemands, tous établis à Vancouver, tous naturalisés citoyens du Canada.

Au Royaume de l'Automobile, l'hybride...

s_0001.jpgLa première impression du pays à la sortie de l'aéroport confirme les pires descriptions du suburban sprawl que décrit James Howard Kunstler dans ses chroniques : la ville entière est construite pour l'automobile, démesurée, quadrillée de routes assez majestueuses pour accueillir une majorité de pickups, 4x4 et autres camions 50 tonnes qui se préparent, à Vancouver, à entamer la traversée du continent, d'Est en Ouest, sur la mythique Transcanadian Highway. Mais ne vous méprenez pas : c'est, contrairement à ce que laisse présager cette vigueur automobile, l'achèvement de la ligne de chemin de fer, la Canadian Pacific, qui sonna le glas de la tranquilité de la petite cité de bucherons et chercheurs d'or qui s'étaient établis sur l'estuaire de la Fraser qui héberge aujourd'hui le port de Vancouver. C'était en 1885 et aujourd'hui les convois de marchandise partent avec plus de 80 wagons et s'étendent sur environ 2 kilomètres !! Aujourd'hui, bien sur, la route et le rail se disputent de croissantes parts de marché dans les déplacements autant individuels que commerciaux.

img_0001-hybride.jpgLes transports en commun, peu développés à notre gout, sont en plein bouleversement : l'échéance des jeux olympiques d'hiver, prévus à Vancouver en 2010, a lancé de pharaoniques projet de métro qui complèteront le tramway et les quelques lignes de bus existantes... En attendant, les entreprises ne se sont pas trompées : la Prius est reine à Vancouver chez les compagnies de taxis qui rivalisent d'imagination pour customiser la robe du célèbre hybride... Les personnalités locales, elles non plus, ne se sont pas trompées : le premier ministre Gordon Campbell et la chanteuse Sarah McLachlan roulent, eux aussi en véhicule hybride. La presse elle-même s'est emparée du sujet pour annoncer un bouleversement des comportements d'acheteurs automobiles. Wishful thinking ?

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Une autre conception du respect de la nature

img_0001_bear.jpgDavid Suzuki est, pourrait-on dire, un canadien typique : fils d'immigré japonais, il est aujourd'hui, à 60 ans, une icone médiatique du mouvement écologiste. Scientifique à l'Université de Vancouver (UBC), il a publié de nombreux ouvrages sur la dégradation des espaces naturels dans un Canada qu'il a connu quasiment vierge de toute exploitation industrielle. C'était il y a moins de 60 ans... Sa connaissance du milieu naturel n'est pas idéalisée : il a passé son enfance dans les lacs et rivières au milieu des forêts, à pêcher le saumon, observer les ours... Aujourd'hui, alors qu'en touristes les milliers d'hectares de parcs nationaux donnent l'impression d'espaces inviolés, David Suzuki nous rappele à l'ordre : les cours d'eau apparament si propres sont pollués par l'exploitation minière, les forêts sont largement surexploitées, les écosystèmes sous pression... et si cette vision négative est réelle, elle ne doit pas masquer les nombreux efforts entrepris par les parcs nationaux pour préserver la richesse de la vie animale : il est interdit de nourrir les ours -il en va de leur survie à long terme-, les cours d'eau sont parsemés d'affiches expliquant la reproduction du saumon, animal emblématique de la région. Au Canada, les problèmes de cohabitation ne se règlent pas à coup de fusils, pas question d'employer le terme de "nuisibles" : on préfère parler de Human / Bear Conflict, terme illustrant bien la place que souhaite donner à l'être humain la mentalité canadienne : simple espèce parmi des millions d'autres.

3 thoughts on “Vancouver, Canada : un paradoxe américain”

  1. (Commentaire NaturaVox) Article un peu gentil... quand un gvt utilise l’argent des contribuables pour se faire bien voir en investissant dans le projet "autoroute à hydrogène" pour les JO mais d’un autre côté laisse des compagnies privées racheter les très vieux bus à deux étages londoniens poussifs et qui crachent une fumée noire collante, où est Gordon Campbell. Nulle autre ville au monde que Vancouver n’aurait fait ça. Cette province, cette société ne sont basées que sur le "make up" (maquillage), oui juste un devanture agréable mais dès que l’on gratte un peu ... Faut-il parler du moratoire protégeant la façade Pacifique et qui risque de sauter quand le cours du baril atteindra enfin un niveau raisonnable pour placer des plates-formes pétrolières le long de la faille qui remonte jusqu’en Alaska ? faut-il parler des compagnies forestières qui dévastent des kms carrés de forêts vieilles de 200/300 ans ? faut-il parler de l’usine Alcan qui à polluée pour de centaines d’années toute la région alentour ? Faut-il parler du nombre de 4x4, V12, pick-up, qui circulent ? et que dire de nos voisins albertains qui s’acharnent à préparer la plus grosse catastrophe écologique de l’histoire du Canada... extraction du pétrole dans las sables bitumineux à coups d’injections de vapeur, de trichloréthylène et autres décapants, rejetés dans le sol et les nappes phréatiques et bien sûr les rejets dans l’atmosphère de vapeur ’eau et de co2. Tout ceci avec la bénédiction de gvt fédéral et albertain qui ont carrément coupés les taxes que doivent payer ces compagnies afin que cet argent soit re-injecté dans les service sociaux etc etc et améliorer la vie des résidents canadiens parce qu’ils exploitent les richesses de leur pays et que l’on ne me dise pas que cela founisse du travail ... Le Québec et la production d’amiante, les mines d’or et le mercure ... On peut en discuter pendant des heures si vous voulez, mais sachez que si il y a bien un pays au monde qui ne se sent pas concerné par l’écologie, c’est le Canada, normal, 27 millions d’habitants tous regroupés le long de la frontière avec les USA, qui va aller voir ce que font les compagnies qui exploitent les ressourcent du pays. En tout cas merci à Radio-Canada qui a réalisée d’excellents reportages sur ce sujet.

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